Nous consommons, mais à quel prix ? Stop aux dérives de l’industrie alimentaire.

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https://www.youtube.com/watch?v=cF_2Fnrf7_k

Des scandales à répétition !

Des problèmes & des solutions

Problèmes

Les dérives sociales, environnementales et sanitaires du modèle agro-industriel

1. La disparition progressive de l’agriculture familiale
La domination du modèle agro-industriel porte gravement atteinte aux centaines de millions de paysans dans les pays en développement, qui se retrouvent concurrencés par des prix plus bas que leurs coûts de production. Les paysans ruraux du Sud se sont ainsi retrouvés incapables de concurrencer les importations alimentaires à bas prix et de vivre de leur production. Ce sont ainsi plusieurs centaines de millions de personnes qui se sont appauvries dans les campagnes du Sud, avec comme dramatique paradoxe le fait que 80% du milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des paysans et des pêcheurs du Sud sans revenus suffisants.

2. L’opacité des chaînes de production mondialisées
La course au prix le plus bas implique une dégradation des conditions de travail des producteurs agricoles tout au long des chaînes de production qui ont été fragmentées et mondialisées. Les chaînes de grande distribution n’ont en réalité guère, voire aucune visibilité sur les conditions de travail qui existent chez leurs fournisseurs, qui eux-mêmes traitent généralement avec des sous-traitants sans s’inquiéter du respect des normes fondamentales du travail. Par conséquent, le consommateur européen n’est pas informé et est complice de ce système malgré lui.

3. Des modes de production insoutenables
L’usage excessif des pesticides et autres fertilisants chimiques pollue les sols et les nappes phréatiques. Les monocultures agro-industrielles impliquent par ailleurs des déforestations massives et une dégradation de la biodiversité. En outre, les chaînes de production décomposées impliquent des circuits longs synonymes de transports et donc d’émissions de gaz à effet de serre dont les coûts sont « externalisés », c’est-à-dire non pris en compte dans le prix de vente, alors que le coût environnemental est bien réel pour la société. Enfin, environ 30% de l’alimentation produite est tout simplement gaspillée tout au long de la chaîne de production.

4. La malbouffe, autre face de la malnutrition
La complexité et l’opacité des chaînes de production alimentaire, ainsi que la composition des plats préparés, entraînent des scandales alimentaires à répétition et une dégradation de la qualité de l’alimentation. Par conséquent, il y a autant de personnes dans le monde victimes d’obésité que de personnes souffrant de malnutrition, reflet d’un système alimentaire où la malbouffe est le pendant de la faim dans le monde.

Solutions

Soutenir l’agro-écologie et garantir des normes sociales

1. Soutenir l’agriculture familiale
Garantir le droit à l’alimentation implique de soutenir sur le long terme l’agriculture familiale, en vue d’augmenter la production agricole et les revenus des producteurs ruraux. Puisque les paysans et les pêcheurs du Sud représentent 80% des victimes de la malnutrition, la solution pour éradiquer la faim dans le monde est de soutenir les paysans et les pêcheurs du Sud, à-travers l’agriculture familiale et la pêche artisanale, en vue de garantir à la fois des revenus suffisamment rémunérateurs aux producteurs et une nourriture saine et accessible aux consommateurs. Ce modèle alimentaire est en outre durable, car il utilise des pratiques agro-écologiques, contrairement au modèle agro-industriel qui provoque la déforestation et la dégradation des sols.

2. Relocaliser les politiques agricoles et alimentaires
Mettre un terme aux dérives provoquées par l’opacité des chaînes de production mondialisées implique d’adopter des modes de production basés sur les « circuits courts », c’est-à-dire la réduction de la distance entre le producteur et le consommateur. Cela implique de relocaliser partiellement les politiques agricoles et alimentaires et de soutenir les filières courtes par des politiques publiques appropriées. En réduisant la distance entre le producteur et le consommateur, on met par ailleurs un terme à l’opacité des chaînes de production mondialisées, ce qui permet d’éviter de condamner le consommateur à consommer malgré lui des biens alimentaires produits dans des conditions de travail indécentes.

3. Garantir la « traçabilité sociale » des produits commercialisés
Pour permettre au consommateur de faire son choix en connaissance de cause, et ainsi de mesurer le véritable « prix humain » du bien qu’il souhaite consommer, il suffirait d’imposer à tous les produits commercialisés des codes-barres garantissant leur « traçabilité sociale », c’est-à-dire le respect des normes sociales tout au long de la chaîne de production, en responsabilisant les distributeurs envers leurs nombreux fournisseurs. Comme le scandale des crevettes thaïlandaises l’a démontré, une telle transparence peut, dans certains cas, couper l’herbe sous le pied d’un système fondé sur la course au prix le plus bas : quel que soit le prix de vente, plus aucun consommateur ne souhaite acheter un produit issu de pratiques esclavagistes d’un autre temps. Le scandale est tel que les grandes surfaces stoppent immédiatement leurs relations avec le fournisseur incriminé.

4. Imposer à l’agro-industrie le respect des normes sociales
Pour enrayer le dumping social et ramener le commerce mondial au service du travail décent, une solution consiste à rendre les normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail contraignantes pour toutes les firmes du secteur agro-industriel, ainsi d’ailleurs que des autres secteurs économiques. L’objectif est de mettre des limites contraignantes à la course à la compétitivité et de créer un « plancher universel » permettant de garantir au consommateur que les produits qu’il consomme respectent les normes sociales, tout en mettant un terme à la concurrence déloyale qui consiste à exploiter les producteurs pour offrir commercialiser des produits à des prix artificiellement bas.

ressources

http://www.dailymotion.com/video/x2b6ygn_complement-d-enquete-en-thailande-des-esclaves-pour-produire-nos-crevettes_news

Plaidoyer politique

Notes politiques, déclarations, appels, études, rapports.
Nous consommons, mais à quel prix ?
PDF - 1.6 Mo
Faim et réchauffement climatique, même combat. Comment empêcher le changement climatique d’enrayer la lutte contre la faim
PDF - 921.5 ko
Les banques en Belgique financent l’accaparement des terres.Quelle régulation du secteur ?
PDF - 835.9 ko

Ressources pédagogiques

Outils pédagogiques pour l'enseignement, reportage photos, films documentaires, brochures didactiques ...
Mallette pédagogique « Droit à l’alimentation »
Stand animation - Bornes d’exposition
Jeu de l’oie « De la terre à l’assiette »
Accaparer la terre des autres pour les aider ?
PDF - 2.9 Mo
Film « Je mange donc je suis »
Voir Barcelone ou mourir
Une pêche d’enfer

Mobilisation, communication

Dépliants, affiches, logos, etc.
Affiche de l’Opération 11.11.11, 2014
PDF - 5.2 Mo
Dépliant de campagne 2014
PDF - 1.2 Mo

Nous

La campagne « A quel prix ? » est une initiative des organisations suivantes.