Mettre en oeuvre une coopération d’égal à égal avec l’Amérique latine et les Caraïbes
Après deux décennies marquées par le suivi à la lettre des politiques d’ajustement structurel , la zone Amérique latine/Caraïbes (ALC) semble avoir pris un tournant impor- tant : avec l’arrivée au pouvoir de gouvernements progressistes, une remise en cause des politiques d’ouverture de marchés et de libéralisation semble en effet avoir gagné une certaine place dans les débats. Mais ce « virage à gauche » cache des réalités bien plus complexes et toute une série de gouvernements continuent de s’aligner sur les préceptes du consensus de Washington .
Des tentatives d’intégration régionale voient le jour : Banque du Sud, destinée à favori- ser les prêts entre Etats de la région, Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), intégrant une série de pays dirigés par des gouvernements progressistes, l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) qui introduit le concept d’« union » dans le processus d’intégration et regroupe les douze pays d’Amérique du Sud. Mais les prin- cipales puissances occidentales veillent à leurs intérêts et, face aux échecs répétés de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et du processus d’intégration continentale (ALCA ou Zone de libre-échange des Amériques) à l’initiative des Etats-Unis, ces der- niers et l’Union européenne (UE) cherchent à multiplier les accords bilatéraux, n’hési- tant pas à diviser les pays de la région pour imposer leurs vues. L’attitude adoptée par l’UE et ses Etats-membres dans le cadre des négociations avec la Communauté andine des nations (Pérou, Bolivie, Colombie, Équateur), au cours de l’été 2008, a, à cet égard, été inacceptable : en tentant d’établir un dialogue à deux vitesses pour isoler les gou- vernements bolivien et équatorien, l’Europe, contrairement à son discours, met en dan- ger les dynamiques d’intégration régionale existantes.
Alors que, dans le passé, la coopération avec l’Europe, notamment à travers le soutien à la société civile, a permis d’appuyer le retour à la démocratie dans un continent mar- qué par plusieurs décennies de dictatures, la région semble progressivement sortir des priorités des bailleurs de fonds. Pourtant, les défis ne manquent pas, sur un continent marqué par d’énormes inégalités sociales et régionales. De plus, si la page des dicta- tures semble bel et bien tournée, la situation des droits de l’Homme reste fragile dans de nombreux Etats, voire catastrophique dans certains pays.
Les revendications du CNCD-11.11.11.11 et de ses membres
MENER AVEC L’ALC ET SES SOUS-RÉGIONS OU PAYS DES NÉGOCIATIONS D’ACCORDS D’ASSOCIATION
SOUMETTRE LES POLITIQUES D’ÉCHANGE DE MATIÈRES AGRICOLES À L’IMPÉRATIF DE SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
RENFORCER UNE COOPÉRATION RESPECTUEUSE DE LA SOUVERAINETÉ DES ETATS ET DES DROITS HUMAINS
Chargé de dossier Amérique latine & Caraïbes