Soutenir et renforcer l’accord de Cotonou comme outil de développement
L’Accord de Cotonou est le plus grand Accord d’association signé par l’Union euro- péenne (UE), concernant 78 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP ). Il repose sur 3 piliers : le dialogue politique ; la coopération au développement, qui est alimentée par le Fonds européen de développement (FED) ; la mise en place d’Accords de parte- nariat économique (APE ) visant à créer 6 zones de libre-échange. Porteur en théorie de valeurs telles que le partenariat, l’appropriation des politiques de développement par les Etats concernés et la participation de la société civile, l’Accord est, dans la pratique, l’ob- jet de nombreuses critiques : d’une part, le dialogue entre l’UE et les Etats ACP reste fortement orienté par les intérêts commerciaux et politiques européens ; d’autre part, les priorités de la coopération sont avant tout le reflet de celles de la Commission euro- péenne ; quant aux programmes régionaux, ils semblent formatés avant tout pour faci- liter la mise en place des APE. Suite aux nombreuses critiques qui ont émergé dans les milieux politiques comme au sein de la société civile, par ailleurs peu consultée, la plu- part des APE sont toujours à l’état de projet : fin 2008, seul l’Accord avec les Caraïbes était signé. En attendant, la Commission arrache aux pays ACP, sous menace de réduire fortement leurs facilités d’accès au marché européen, des accords intérimaires, dont l’examen montre que les pays du Sud sont contraints à des concessions commerciales bien plus grandes que celles que l’on observe au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce sont donc bien les intérêts commerciaux de l’Europe qui priment, au détriment des autres dimensions de l’association.
Dans les années qui viennent, l’Accord de Cotonou va traverser de nombreuses épreuves : 2010 sera à la fois le moment d’une révision globale de l’accord et d’une révision des stratégies du FED. L’enjeu est de taille : sera-t-il possible de rééquilibrer les priorités, notamment en fonction des attentes de la société civile qui devrait être consultée plus efficacement ? Enfin, la mise en place d’une stratégie « UE-Afrique » à Lisbonne fin 2007 ne va-t-elle pas progressivement vider de sa substance le dialogue politique avec les ACP, préparant la marginalisation de ce groupe important de pays et des institutions paritaires (UE-ACP) qui en font justement la richesse ?
Les revendications du CNCD-11.11.11 et de ses membres REVENDICATIONS DU CNCD-11.11.11 ET DE SES MEMBRES
LORS DU PROCESSUS DE RÉVISION DE L’ACCORD DE COTONOU
EN MATIÈRE DE COOPÉRATION AU DÉVELOPPEMENT (FED)
SUR LES NÉGOCIATIONS APE
Chargé des politiques européennes