Mille économistes issus de 53 pays ont écrit une lettre aux ministres des finances du G20 pour demander l’introduction d’une taxation des transactions financières (TTF, forme moderne de la taxe Tobin visant à imposer l’ensemble des transactions sur les marchés financiers et non plus seulement les opérations de change) afin de s’attaquer à la pauvreté dans le monde, de financer la lutte contre les changements climatiques et d’aider les victimes de la crise économique.
Cette lettre a été délivrée aujourd’hui, avant le début de la réunion des ministres des finances du G20 à Washington, et a été également adressée à Bill Gates, chargé par le G20 de préparer un rapport sur les sources innovantes de financement.
Celle-ci a été signée par des professeurs d’universités aussi prestigieuses qu’Harvard, Oxford, Cambridge, la Sorbonne et Berkeley. Ces voix se joignent à celles des prix Nobel Paul Krugman et Joseph Stiglitz, qui se sont déjà exprimé dans le passé en faveur de l’introduction d’une telle taxe.
Comme le souligne la lettre, « La crise financière nous a montré les dangers d’une absence de réglementation de la finance, et le lien entre le secteur financier et la société a été rompu. Il est temps non seulement de réparer ce lien, mais également que le secteur financier rende un peu de ce qu’il a pris à la société. Même à des taux très bas de 0,05% ou moins, cette taxe pourrait collecter des centaines de milliards de dollars chaque année et tempérer les excès spéculatifs. »
A ceux qui doutent de la faisabilité de cette taxe ou qui redoutent de prétendus effets négatifs sur la compétitivité du secteur, la lettre rappelle que « Le Royaume-Uni prélève déjà une taxe sur les transactions sur les actions de 0,5%, c’est-à-dire dix fois ce taux ».
Pour Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, « il est plus que temps pour nos gouvernements de passer à l’action. A défaut d’écouter les militants et les opinions publiques (un sondage récent commandité par OXFAM a trouvé des majorités écrasantes en soutien à la TTF dans 5 grands pays européens), qu’ils écoutent la voix des experts, ici rassemblées autour de la même proposition malgré la légendaire capacité des économistes à ne jamais être d’accord sur rien ! ».
« Les efforts de la communauté internationale en faveur des objectifs du millénaire pour le développement s’essoufflent, la lutte contre les changements climatiques n’est toujours pas financée, les plans d’austérité se multiplient, pourtant les marchés financiers continuent à brasser des centaines de milliards quotidiennement, et les traders et autres banquiers accumulent profits mirobolants et bonus scandaleux. La taxe « Robin des bois » est plus que jamais indispensable et urgente », déclare Arnaud Zacharie.
Veuillez trouver ci-jointes la lettre ainsi que la liste des signataires.
Antonio Gambini
Recherche et plaidoyer
Financement du développement
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