Aide belge au développement : peut-on faire mieux avec moins ?
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Aide belge au développement : peut-on faire mieux avec moins ?

L’aide belge est la principale variable d’ajustement budgétaire du gouvernement et la Belgique est devenue le premier pays destinataire de sa propre aide : tels sont les principaux enseignements du Rapport annuel sur l’aide belge au développement présenté ce jeudi par le CNCD-11.11.11 dans le cadre de sa rentrée politique.

Dans le Rapport 2016, le CNCD-11.11.11 déplore la forte baisse de l’aide belge en 2015. Elle a diminué de 6,7 % entre 2014 et 2015, passant ainsi de 0,46 à 0,42 % du Revenu national brut (RNB) – bien loin des 0,7 % que la Belgique et l’Union européenne s’étaient engagées à atteindre en 2015. Au total, les coupes cumulées entre 2011 et 2019 dépasseront les 2 milliards d’euros, faisant de l’aide la principale variable d’ajustement budgétaire du gouvernement belge.

Autre fait marquant : la Belgique est devenue le premier pays destinataire de sa propre aide. En effet, les frais d’accueil des réfugiés, qui peuvent être comptabilisés en aide au développement selon les règles de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), représentent 12 % de l’aide belge en 2015 – soit 206 millions d’euros, un montant nettement supérieur à la totalité des dépenses réalisées par la Coopération technique belge (CTB) dans l’ensemble des pays partenaires (148 millions EUR).

La Belgique est devenue le premier pays destinataire de sa propre aide

Le Rapport 2016 se penche sur la réforme en cours de la Coopération belge qui vise à remplacer la CTB par une nouvelle Agence belge de développement. Le CNCD-11.11.11 salue la volonté d’améliorer la qualité de la Coopération belge, mais pointe aussi les limites de la réforme. Il rappelle en outre que la première condition pour qu’une aide soit efficace, c’est qu’elle soit allouée en quantité suffisante.

La première condition pour qu’une aide soit efficace, c’est qu’elle soit allouée en quantité suffisante

Le document souligne encore la nécessité de renforcer la cohérence des politiques belges en faveur du développement. Un dispositif institutionnel a été mis en place, mais faute d’impulsion politique, la Conférence interministérielle initialement prévue n’a toujours pas été mise en place.

Enfin, les 50 ans du CNCD-11.11.11 sont l’occasion d’opérer un bilan d’un demi-siècle d’aide au développement. Le Rapport démontre que malgré une histoire tourmentée et de sérieuses désillusions, l’impact de l’aide a été globalement positif sur le développement économique et social des pays en développement.

Selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11 : « L’aide belge, victime des conclaves budgétaires successifs, atteint un niveau historiquement bas. S’il est nécessaire d’améliorer son efficacité, sa mobilisation en quantité suffisante n’en est pas moins cruciale. A une époque où la reconstruction des États fragiles, qui représentent la majorité des pays partenaires de la Coopération belge, est non seulement un enjeu en matière de réduction de la pauvreté, mais aussi en matière de sécurité mondiale, la Belgique devrait mettre fin aux coupes budgétaires et au contraire respecter l’engagement d’allouer 0,7 % de ses richesses à l’aide au développement  ».

Document

Rapport annuel sur l’aide belge au développement 2016
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