Ce que Théo Francken a ‘gagné’, nous l’avons perdu en humanité

« Le bon sens a triomphé », s’est réjoui ce mardi matin par tweet interposé Théo Francken, le secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations. La Cour de Justice de l’UE a finalement tranché. Les Etats européens ne sont pas obligés de donner des visas humanitaires à toute personne devant fuir des situations inhumaines et dégradantes.

A l’origine de cet arrêt, il y le refus de l’Etat belge d’accorder à une famille syrienne d’Alep un visa humanitaire pour qu’elle puisse se rendre dans notre pays afin d’y demander l’asile.

L’enjeu, de taille, dépasse évidemment nos frontières.

Ce qui se joue, c’est la possibilité pour les demandeurs d’asile, syriens et autres, d’accéder au sol européen sans risquer leur vie sur les dangereuses routes « irrégulières ».

Rappelons qu’en 2016, plus de 5 000 morts ont été enregistrés rien qu’en mer Méditerranée.

Pour le CNCD-11.11.11, l’Europe doit impérativement respecter ses obligations en matière d’asile. Les visas humanitaires sont un des instruments légaux permettant de faire respecter ce droit.

Au lieu de fermer ses frontières, l’Europe doit créer des voies sûres et légales de migrations afin de faire respecter les droits fondamentaux des personnes migrantes et leur permettre de vivre dignement. C’est ce message que le CNCD-11.11.11 et ses membres martèleront tout au long de l’année dans leur combat pour la justice migratoire.

Comme le relève l’avocat de la famille syrienne dans Le Soir, « L’ironie de l’histoire c’est que la communication gouvernementale dans le conflit syrien a toujours insisté sur la protection des chrétiens d’Orient. Et au final c’est contre une famille chrétienne orthodoxe de trois enfants que la lutte la plus rude aura été menée. »

Le « Yesss ! Gewonnen ! » de Monsieur Francken sur Twitter est du plus mauvais goût face à tragédie en cours aux frontières de l’Europe.

« Nous sommes prêts à aller les chercher nous-même »

https://youtu.be/e2nIThyURSg

En juillet 2015, l’Europe décidait de relocaliser 160 000 demandeurs d’asile en deux ans. En février 2017, cet objectif était loin d’être atteint : seuls 11 966 demandeurs d’asiles ont été relocalisés (soit 8 766 depuis la Grèce et 3 200 depuis l’Italie). La Belgique n’a relocalisé que 177 demandeurs d’asile depuis la Grèce et 29 depuis l’Italie. Et elle s’apprête à revoir encore ses objectifs à la baisse, à l’instar de la Commission européenne. En conclusion, l’UE n’applique pas ses propres décisions. C’est pourquoi des citoyens sont venus ce lundi la rappeler à l’ordre.