Colombie : Marylen Serna menacée, le processus de paix à l'épreuve du respect des droits
Marylen Serna

Colombie : Marylen Serna menacée, le processus de paix à l’épreuve du respect des droits

Marylen Serna, porte-parole du Congreso de los pueblos, sa famille et amis proches ont été violemment attaqués et menacés ce 7 avril par la séquestration et des actes de violence sexuelle perpétrés sur une personne très proche de Marylen dans le but de la terroriser et empêcher son travail de défense des droits humains en Colombie.

Cette pratique est d’autant plus ignoble que l’on maltraite une femme pour en déstabiliser et créer des pressions psychologiques sur une autre. Dans un communiqué de presse le Congreso de los pueblos explique et dénonce ces faits et interpelle les autorités colombiennes pour qu’elles prennent entre autre des mesures pour assurer la sécurité des personnes menacées et reconnaissent la nature systématique des attaques sur les défenseur(e)s des droits humains.

En décembre dernier, Marylen Serna était en Belgique à l’invitation de la Coordination Belge pour la Colombie, dont le CNCD-11.11.11 est membre, pour intervenir lors d’une conférence de presse au retour d’une mission internationale d’observation « Terres et territoires pour une paix durable en Colombie » par des parlementaires belges et européens. Et cela précisément au moment où le Président Colombien Juan Manuel Santos était à Bruxelles pour demander l’appui financier de l’UE au processus de paix. Marylen y déclarait que si le processus de paix en Colombie est une avancée indéniable, il serait illusoire de croire que cette paix serait effective sans le respect des droits fondamentaux [ lire son interview ].

Elle y dénonçait les violences à l’encontre des défenseurs des droits humains. en 2016, on a dénombré 80 assassinats et 49 tentatives d’assassinats en Colombie. Pour elle, les coupables, « ce sont surtout les paramilitaires, financés par des responsables politiques locaux, des hommes d’affaires ou par des narcotrafiquants ». Il faut, selon elle, démilitariser rapidement la société colombienne, les groupes paramilitaires, que le gouvernement refuse de voir comme tels, préfèrant parler de « bandes criminelles ».
Dans certaines zones du pays pourtant, ils sont en train de remplacer les groupes armés de la guérilla - les FARC - démobilisés et de prendre le contrôle du territoire.

Le processus de paix est fragile et sans le démantèlement des paramilitaires, la rétrocession des terres aux personnes spoliées et déplacées, le développement d’une réelle politique rurale en faveur de l’agriculture familiale, il risque de rester lettre morte. Est-ce pour défendre ces droits que Marylen et ses proches sont menacés ?