Migrations

Drames des migrations : une marche citoyenne contre l’indifférence

Le dimanche 18 juin, le secteur culturel belge rejoindra des citoyens, ONG, associations de migrants et syndicats pour dénoncer des politiques responsables de milliers de morts sur les routes migratoires. Refuser l’indifférence et le repli sur soi, proposer des alternatives comme le renforcement de voies d’accès sûres et légales vers le sol européen, c’est le message qui réunira les manifestants dans une marche colorée et festive, au départ du Petit-Château.

De nombreux centres culturels, des théâtres francophones et néerlandophones ont décidé de se mobiliser en solidarité avec les populations civiles victimes de conflits à travers le monde, en Syrie notamment, et jetées sur les routes de l’exil.

Le secteur culturel rejoint l’appel des organisations unies en faveur de la « Justice Migratoire ». Celle-ci constitue un objectif à atteindre : il est clair que le chemin sera long étant donné le nombre d’injustices actuelles. Aujourd’hui, de plus en plus de migrants sont contraints d’emprunter des voies dangereuses pour rejoindre l’Europe. Ces derniers mois, plus de 1.300 hommes, femmes et enfants auraient perdu la vie sur la route la plus risquée de la Méditerranée centrale reliant la Lybie à l’Italie. Il ne s’agit là que des disparitions signalées… Quoi qu’il en soit, en 2017, le macabre record de l’an dernier, à savoir 5.000 morts recensées en Méditerranée, sera probablement encore dépassé.

Malgré ce constat, les orientations prises par le Conseil Européen et le G7 sont loin de rassurer. Plutôt que de remettre en cause une approche restrictive des migrations qui ne cesse de montrer ses limites, certains responsables politiques préfèrent pointer les ONG qui secourent les naufragés en mer et ne font finalement que pallier l’absence d’une véritable politique d’accueil digne de ce nom au sein de l’Union européenne.

Sur le sol européen, l’accueil réservé aux migrants en Grèce et en Italie reste préoccupant. Dans les camps, les conditions de vie sont bien souvent désastreuses et relèvent de la crise humanitaire. Le mécanisme de solidarité censé assurer un partage de l’accueil entre les États membres est en grande partie resté lettre morte. Sur les 160.000 demandeurs d’asile que le Conseil s’était engagé à relocaliser depuis la Grèce et l’Italie en deux ans, seules 20.869 personnes ont été accueillies ailleurs en Europe.

En Belgique, malgré les déclarations du Secrétaire d’Etat à la Migration et l’Asile, Théo Francken, qui déclarait en faire une priorité, le gouvernement n’a relocalisé que 623 demandeurs d’asile depuis 2015. Cela représente à peine 16% de l’engagement belge, à trois mois de l’échéance fixée en septembre 2017. En conséquence, la Grèce et l’Italie, restent quasi seules à « gérer » tant bien que mal les arrivées sur le sol européen, avec les conséquences évoquées sur la qualité de l’accueil. Cet échec de la solidarité entre les États membres devrait être abordé lors du Conseil européen des 22 et 23 juin.

Pourtant, les objectifs que se sont fixés les États membres ne sont pas hors de portée. L’Europe n’est pas la région du monde qui accueille le plus de réfugiés. Ce sont les régions et les pays voisins des zones de conflits – des pays en développement - qui assument la plus grande part de l’accueil des migrants (86% sont accueillis dans 10 pays dont le Liban, la Jordanie, la Turquie, le Pakistan, l’Ouganda et le Kenya).

Face à ces constats, la coalition « Justice Migratoire », main dans la main avec le secteur culturel, demande au Conseil européen de mettre en place une série de solutions, en vue de développer plus de voies légales et sûres de migrations. Cela passe par :

  • L’établissement de critères clairs pour l’octroi de visas humanitaires
  • Le respect des engagements légaux en matière de relocalisation et de réinstallation
  • Le développement de voies de migration légales par le travail, accompagnée de mesures permettant de lutter contre le dumping social interne à l’Union européenne.

Itinéraire de la marche

  • Rassemblement à côté du Centre d’accueil Le Petit-Château - Fedasil à 14h, sur le Boulevard Dixmude (partie piétonne).
  • Arrivée à la Bourse à 15h30, prises de paroles, concerts de musiciens réfugiés, spectacles. A la fin de la marche, le public sera invité à entonner la chanson « Salut à toi  », symbole de la mobilisation. Lieu : rue Orts, en face de la Bourse.
  • Fin de l’événement à 17h30.