Journée Internationale des Droits des femmes

Face à l’austérité, les femmes serrent la ceinture au gouvernement !

Ce samedi, la Marche mondiale des femmes appelle à la mobilisation dans les rues de Bruxelles à la veille de la Journée Internationale des Droits des femmes pour dénoncer les effets des politiques prises par notre gouvernement qui sont en train de démanteler la sécurité sociale (et tout le système de protection sociale).

Les politiques d’austérité constituent un acte de violence économique faite aux femmes. Tout au long de leur carrière, les femmes sont confrontées aux violences économiques, et ce simplement parce qu’elles sont des femmes. En même temps, les coupes budgétaires empêchent le développement de structures nécessaires comme l’accueil de la petite enfance, les services aux personnes malades ou handicapées, les aides familiales, etc. et privent les femmes de leur temps. Toutes les tâches que les femmes assumeront dès lors gratuitement et sans reconnaissance ne leur permettent pas d’acquérir une réelle autonomie économique et leur font porter le poids de remboursement d’une dette qui n’est cependant pas due à des dépenses trop lourdes, mais à un manque (de prévisions) de rentrées financières de l’Etat.

Danièle raconte : « J’avais commencé à étudier pour devenir aide-soignante et gagner mieux ma vie, mais le traitement de la maladie de mon fils était trop cher pour nous… J’ai dû arrêter mes études pour m’occuper de lui à temps plein, et j’ai trouvé un boulot de serveuse le soir, quand mon compagnon est arrivé chez nous. Je suis crevée et un peu malade, mais à choisir entre le traitement de mon fils et le mien, le choix est vite fait ! »

Ces politiques entrainent plus de charges, moins de moyens et … des soins de santé plus chers. En 2015, le budget des soins de santé en Belgique a été diminué de 1,5 milliard d’euros après la mise en place des politiques d’austérité. Jusqu’à maintenant les soins de santé ont fourni 22 % de l’effort total d’assainissement budgétaire. Pour continuer à respecter le pacte de stabilité économique, le gouvernement a exigé de l’assurance maladie une contribution de près de 2,8 milliards d’euros pour 2018 ! La précarité et la pauvreté sont des facteurs qui influencent fortement la santé.

C’est simple, quand on a de l’argent on mange mieux, on se soigne plus facilement, on ne reporte pas ses soins. Augmenter le coût des médicaments à charge du patient revient à pénaliser les plus démunis. En 2013, en Wallonie, 24,9 % des femmes et 44,3 % des familles monoparentales ont renoncé aux visites médicales ou ont dû les reporter alors qu’elles en avaient besoin. « Les femmes sont particulièrement concernées, car ce sont elles qui, faute de moyens, s’auto médicalisent ».

Quant aux jeunes femmes, leurs premières expériences professionnelles risquent de s’avérer de plus en plus compliquées. Afin de « responsabiliser l’employeur », le gouvernement préconise de lui faire porter 10 % de l’indemnité mutuelle en cas d’écartement des salariées enceintes. Cette mesure a de quoi démotiver les patrons à engager des femmes en âge d’avoir des enfants, et peu importe d’ailleurs si elles souhaitent en avoir ou pas, le risque est là. Sans compter que les secteurs où les femmes sont bien représentées - celui de l’enfance ou des soins de santé par exemple - seront pénalisés, alors que ceux où les hommes sont majoritaires ne sentiront forcément rien passer.

Les politiques d’austérité creusent l’écart entre les pensions des femmes et des hommes. Le fossé économique entre les femmes et les hommes va au-delà de la durée de la carrière ; il se prolonge jusqu’à la pension. En Belgique, 50 % des femmes vivent avec une pension inférieure à 1000 euros, nettement plus basse que celle des hommes. Il existe un risque que ce pourcentage augmente.