La COP21 : verre à moitié vide ou à moitié plein ?
Conférence des Nations unies sur les changements climatiques - COP21, Paris.
CC Arnaud Buissou -SG COP21

Climat

La COP21 : verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Huit ans qu’on l’attendait… L’Accord de Paris est enfin là, aboutissement d’un processus qui avait démarré à Bali en 2007. Nous avons donc un instrument universel pour lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences. Mais quel bilan en tirer ? Inespéré pour certains, catastrophique pour d’autres, ce nouvel accord fait déjà l’objet d’intenses débats.

Et si nous acceptions qu’il s’agit simplement d’un verre à moitié plein, donc à moitié vide ? Nous savions, depuis Copenhague, qu’il serait extrêmement difficile, voire impossible, d’obtenir un accord à la fois suffisamment universel, ambitieux, juste et contraignant. Avant même le lancement de la COP 21, nous avions dû faire le deuil de certaines revendications importantes. Ainsi, alors que la communauté internationale avait défini il y a six ans un plafond de réchauffement de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, les engagements actuels des Etats nous mènent à près de 3°C de plus. Or, la décision avait été prise de ne pas négocier sur ce point lors de la COP, justement pour éviter de rééditer l’échec de Copenhague. De même, les Etats-Unis et d’autres pays avaient fait comprendre qu’il serait impossible pour eux d’accepter un accord totalement contraignant. Le verre était donc déjà à moitié vide avant même le début du sommet.

Alors, pourquoi nous réjouir ? Parce que l’autre moitié du verre a, elle, été remplie au-delà de nos espérances. L’Accord de Paris fixe une série d’objectifs et de principes qui, s’ils devaient être atteints, seraient une véritable avancée pour la justice climatique. Ainsi, l’horizon de réchauffement a été ramené de 2°C à 1,5°C, à la demande insistante des pays les plus vulnérables. De même, l’engagement, de la part des pays développés, à mettre 100 milliards de dollars annuels à disposition des pays en développement, dès 2020, est répété dans cet accord. Autre exemple : le mécanisme de « pertes et préjudices », destiné à indemniser les victimes de catastrophes, a été reconnu en tant que tel. Nous en avions fait l’un de nos chevaux de bataille dans ces négociations.

La COP21, ce n’est donc ni une grande victoire, ni une grande défaite. Mais c’est une réelle avancée. Pour nous qui nous sommes tant mobilisés, en particulier lors de nos deux années de campagne 11.11.11 pour la justice climatique, c’est surtout le signe qu’il ne faut pas baisser les bras : la route vers un monde plus durable tracée, il nous faudra rester plus actifs que jamais, car il ne suffit pas de tracer la route, encore faut-il que chacun l’emprunte ! Les 15 prochaines années s’annoncent passionnantes…