La « taxe Robin » sort du bois !

Revenant sur le devant de la scène sous le nom de « taxe Robin des Bois », la taxe Tobin, soit l’idée de taxer les transactions financières internationales, semble progressivement faire son nid. En Europe en tout cas.

Arnaud Zacharie
Mise en ligne le 30 août 2011
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© Julie Graux 2011

La taxe sur les transactions financières internationales est revendiquée depuis la fin des années 1990 par les ONG et les associations altermondialistes. Inspirée de l’idée initiale du Nobel d’économie James Tobin, qui proposait au début des années 1970 de taxer les transactions de changes à un taux faible et uniforme pour alimenter les recettes des banques centrales, la « taxe Tobin » avait ainsi été ressortie de l’oubli par les ONG en vue de mobiliser des fonds pour financer le développement des pays pauvres   et les biens publics mondiaux.

Robin, pour populariser l’idée

Evidemment, une telle taxe ne suffirait pas à empêcher une crise financière et ne modifierait que partiellement le fonctionnement des marchés financiers. Elle présenterait cependant de nombreux avantages, dont celui de dégager un produit fiscal annuel de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Elle serait de plus un instrument de stabilisation des flux à la disposition des autorités monétaires. Cette taxe pénaliserait fortement les allers-retours spéculatifs à court terme sans freiner les investissements productifs à plus long terme. Son instauration nécessite une « traçabilité » des transactions financières internationales, ce qui créerait donc plus de transparence sur les marchés financiers.

Malheureusement, l’idée avait, au début des années 2000, été reçue froidement par la plupart des gouvernements. Seuls quelques parlements l’avaient soutenue, comme le parlement belge, qui avait voté en juillet 2004 une loi en faveur d’une telle taxe, conditionnant sa mise en œuvre à l’accord des autres pays de la zone euro. Toutefois, l’impact de la crise financière de 2008 sur les recettes publiques des Etats a progressivement redonné vie à cette mesure rebaptisée « taxe Robin des Bois » par les ONG, pour illustrer son caractère redistributif et populariser son mécanisme. Plusieurs pays, comme la France et l’Allemagne, l’ont publiquement soutenue et le G20 a mandaté le FMI   pour réaliser une étude de faisabilité sur la question, tandis que des initiatives telles que le Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement, qui rassemble une quarantaine de pays, contribuaient à raviver le débat en publiant des études démontrant la faisabilité d’une telle taxe.

L’Europe en avance

Les effets de la crise se focalisant tout particulièrement sur l’Europe et un consensus à l’échelle mondiale étant politiquement complexe à obtenir, c’est au niveau de l’Union européenne que le débat politique s’est recentré...

P.-S.

Source : Imagine // n°87 // septembre-octobre 2011 // www.imagine-magazine.com