Les banques belges investissent encore plus de 40 milliards d’euros dans les énergies fossiles

Bruxelles, le 19 avril 2017 - Plus de 40 milliards €, c’est la somme totale que les quatre plus grandes banques belges - BNP Paribas, ING, KBC et Belfius - investissent dans les combustibles fossiles. La Coalition Climat lance une campagne nationale auprès du grand public pour les appeler à abandonner au plus vite ces investissements néfastes. Car, s’il est désormais acquis que ces énergies ont un impact considérable sur le climat, il est moins connu qu’investir dans celles-ci constitue un réel risque financier, communément appelé « bulle du carbone ».

« Bien que les investissements dans les énergies durables augmentent d’année en année, ceux effectués dans le secteur des énergies fossiles restent encore beaucoup trop importants », explique Sarah Schlitz, co-présidente de la Coalition Climat. « De plus en plus de citoyen.ne.s s’y opposent. Par cette campagne, nous voulons leur donner une voix et inciter les banques à désinvestir le secteur fossile. »

Une étude commandée par la Coalition Climat [1]démontre que les quatre plus grandes banques de notre pays financent encore et toujours les combustibles fossiles à hauteur d’un montant très élevé : plus de 40 milliards € investis dans les 100 plus grandes entreprises du secteur des énergies fossiles. Il est particulièrement inquiétant que près de la moitié de cette somme (19,41 milliards €) soit destinée au charbon, l’énergie fossile la plus polluante.

(en milliards d’euros) BNP Paribas ING KBC Belfius
Emprunts 6,01 3,26 0,38 -
Emission d’obligations et actions 19,76 3,80 0,17 -
Portefeuille d’actions 4,61 0,09 1,67 0,70 (via Candriam)
Total 30,37 7,14 2,22 0,70

« La science est unanime : nous devons absolument rompre notre dépendance aux énergies fossiles si nous voulons éviter des changements climatiques dangereux », affirme Mathieu Soete, expert en Désinvestissement chez Greenpeace Belgique. « Les banques ont un rôle crucial à jouer dans la transition nécessaire vers une économie et une société avec 100% d’énergies renouvelables. C’est pourquoi la Coalition Climat lance aujourd’hui une pétition sur www.banqueroute.be qui invite les client.e.s et citoyen.ne.s à mettre leur banque sur la bonne route. » [2]

Les énergies fossiles occasionnent des dommages graves et irréversibles pour le climat, les populations et l’environnement, et de plus en plus d’experts reconnaissent qu’investir dans celles-ci constitue un risque financier. Ainsi BlackRock, le plus grand gestionnaire de patrimoine au monde, a-t-il indiqué le danger des ‘stranded assets’ : des combustibles ou centrales fossiles qui coûteront bientôt plus que ce qu’elles ne rapporteront. [BlackRock, Adapting portfolios to climate change (2016), PDF]]

Frank Vanaerschot, coordinateur des recherches sur les banques chez Fairfin, conclut : « Considérant le budget carbone disponible suite à l’accord climatique de Paris, 85% des réserves de charbon, pétrole et gaz connues à ce jour doivent rester dans le sol. D’un point de vue économique, elles ne valent donc plus rien. Continuer à investir dans celles-ci relèverait d’une politique financière irresponsable. » [3]

Document

Des banques zéro fossile pour lutter contre la bulle du carbone
PDF - 6.9 Mo

En savoir

[1Durant la période 2014-16 BNP Paribas, ING, KBC et Belfius ont investi ensemble plus de 40 milliards € dans 100 entreprises importantes du secteur des combustibles fossiles, notamment les entreprises avec les plus importantes réserves de charbon et pétrole (chaque fois le top 25), et les entreprises d’électricité avec la capacité de production la plus élevée sur base de charbon (top 25 mondialement et en Europe).
Ces investissements contiennent aussi des émissions d’actions et d’obligations, que les banques n’ont eu en possession que pour peu de temps. Ces émissions facilitent en grande partie le financement de projets et d’entreprises d’énergies fossiles et ont été incluses dans l’étude pour cette raison.
Le dossier complet est disponible sur cette page : “Des banques zéro fossile pour lutter contre la bulle du carbone”
Les chiffres détaillés sont disponibles sur demande.

[2Sur www.banqueroute.be les clients et citoyens peuvent écrire aux quatre banques pour leur demander d’abandonner le plus rapidement possible leurs investissements dans les énergies fossiles.

[3Oil Change International, The sky’s limit (2016), PDF