Objectifs de développement durable : 3 questions pour comprendre le HLPF
© cia park 2015 / UN Photos

Objectifs de développement durable : 3 questions pour comprendre le HLPF

Du 10 au 19 juillet, les pays du monde entier sont réunis à New York pour faire le point sur la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Adopté en septembre 2015, cet accord international définit 17 objectifs à atteindre d’ici 2030 pour rendre notre monde plus durable. Décodage en 3 questions.

Le HLPF, c’est quoi ?

Le HLPF est l’acronyme du High Level Political Forum, le Forum politique de haut niveau en français. Ce forum est une réunion annuelle des experts du développement durable, qui se déroule au siège des Nations Unies à New York durant deux semaines chaque année en juillet. Le développement durable a trouvé place à l’agenda international dès 1992, à l’occasion de la Conférence de Rio. Depuis, il a fait l’objet d’un état des lieux annuel dans l’enceinte des Nations Unies. Traditionnellement, ces bilans annuels du développement durable s’organisaient sous l’auspice du Conseil Economique et Social des Nations Unies (un des organes principaux des Nations Unies [1], le pendant du Conseil de Sécurité). Mais depuis le vingtième anniversaire de la Conférence de Rio, en 2012 [2], les Nations Unies ont souhaité donner plus de poids politique à cette réunion annuelle et ont donc créé le Forum Politique de Haut Niveau.

Le HLPF se déroule donc chaque année sur deux semaines en juillet : la première semaine a une portée informative, avec l’organisation de multiples conférences sur les thèmes du développement durable, et la seconde semaine réunit les ministres qui viennent présenter les mesures mises en œuvre dans leur pays pour assurer l’atteinte des Objectifs de Développement Durable.

Que sont ces Objectifs de développement durable ?

Les 17 Objectifs de développement durable (ODD ou SDGs en anglais, pour Sustainable Development Goals) sont inscrits dans l’accord international sur le développement durable adopté en septembre 2015 par les Nations Unies. Ces objectifs doivent permettre de transformer notre monde pour que d’ici 2030, l’extrême pauvreté soit éradiquée et la prospérité générée bénéficie à tous en limitant le plus possible les impacts négatifs sur l’environnement. Ce programme 2030 pour le développement durable est l’aboutissement de longs mois de négociations entre gouvernements : 193 pays se sont entendus pour définir ces objectifs ambitieux qui ont pris la suite des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ces 17 objectifs universels, déclinés en 169 cibles, sont applicables à tous les pays, à tous les niveaux de pouvoir au sein de ces pays et visent à inclure tout le monde dans une dynamique de développement durable (principe du « Leave no one behind »).

On se souviendra que parmi les critiques des Objectifs du millénaire (fixés en 2000 et arrivés à échéance fin 2015), il y avait le fait qu’ils se focalisaient sur les symptômes de la pauvreté et non sur les causes réelles. Avec les Objectifs de développement durable, les causes économiques et systémiques de la pauvreté, de même que l’impact environnemental du développement sont ciblés. Tous les Etats membres de l’Onu sont encouragés à traduire ces objectifs de développement durable dans des plans d’action concrets à l’échelle nationale, et à participer à un monitoring régulier à l’échelle internationale, dans le cadre du HLPF.

La Belgique présente un « rapport volontaire national » : qu’est-ce que cela signifie ?

Cette année 2017, la Belgique va effectivement participer à cet exercice de rapportage sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable dans l’enceinte des Nations Unies. Cet exercice, appelé rapport volontaire national (ou VNR, pour Voluntary National Review, en anglais) se fait sur base tout à fait volontaire de la part des Etats membres de l’Onu. Néanmoins, force est de constater l’engouement : alors que vingt-deux pays ont participé à l’exercice en 2016, ce sont quarante-quatre pays qui y participent cette année.
Dans ce cadre, la Belgique a préparé un premier rapport d’avancement dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable [3], un exercice complexe de coordination intrabelge de toutes les entités compétentes pour la mise en œuvre du développement durable : gouvernements fédéral, régionaux et communautaires ont été associés à la rédaction du rapport, dont la première version a été soumise pour avis aux conseils consultatifs (qui réunissent les différents acteurs de la société civile : entreprises, jeunes, ONG de coopération au développement, ONG environnementales, syndicats,…). La Belgique présentera les messages clefs de son rapport aux Etats membres des Nations Unies par la voix du Vice-Premier ministre et Ministre de la coopération au développement Alexander De Croo le mardi 18 juillet. La société civile belge, constituée en Plateforme Perspective2030, sera toute ouïe pour ce discours et le suivi des politiques pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Car ce premier rapport d’avancement n’est qu’une première étape sur un long chemin à l’horizon 2030.

[2Lors de la conférence Rio+20 a été adoptée la Déclaration « L’avenir que nous voulons » : https://rio20.un.org/sites/rio20.un.org/files/a-conf.216-l-1_french.pdf.pdf

[3Le rapport est disponible sur le site des Nations Unies : https://sustainabledevelopment.un.org/content/documents/15721Belgium_Rev.pdf