Pour la protection des populations civiles et en particulier des femmes victimes de violences sexuelles en RDC

Sabine Kakunga
Mise en ligne le 25 novembre 2008
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Ce mardi 25 novembre, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une journée malheureusement essentielle pour que l’on parle de cette tragédie de grande ampleur. En effet, selon la RTBF, l’an passé, « plus de 56 000 cas ont été enregistrés en Belgique - soit près de 150 cas par jour ».

Si les chiffres concernant la Belgique sont effrayants, ils le sont encore davantage quand on parle de la République démocratique du Congo qui vit depuis 1997 dans un état de guerre permanent. Des vagues de violences ont submergé la région en 1997, 2002, 2003, 2007 et 2008. A chaque fois, les victimes se comptent par centaines de milliers, la guerre oblige les populations civiles à fuir, des enfants sont enrôlés de force pour combattre et des milliers de femmes sont violées.

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La violence a repris il y a quelques semaines dans l’est du pays, dans la région du Nord-Kivu convoitée pour ses ressources naturelles. Selon Amnesty International , « la crise humanitaire et des droits humains dans l’Est de la RDC s’est terriblement aggravée depuis le début du mois d’octobre 2008, lorsque le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), sous le commandement du général rebelle Laurent Nkunda, a lancé une violente offensive contre les forces gouvernementales. Au moins 250 000 civils, dont une grande majorité de femmes et d’enfants, ont dû fuir, portant le nombre total de personnes déplacées dans le Nord-Kivu, par ce conflit et les précédents, à plus d’un million, voire à 1,6 million selon certaines estimations. » Dans ce conflit, selon un appel envoyé par des organisations locales de la société civile (Voir en ligne : Lettre de l’Est du Congo), « les femmes sont comptées parmi les premières victimes. La violence sexuelle s’est gravement accentuée depuis la fin du mois d’août où les forces et les groupes armés réduisent les femmes à un champ de bataille ». Chez ces combattants, le viol est devenu une arme de guerre. A chaque vague de violence, elles sont des milliers à être doublement sanctionnées : au traumatisme du viol, il faut souvent ajouter le rejet par leur communauté.

Ce 25 novembre, plusieurs associations organisaient un rassemblement à la Place de la Monnaie à Bruxelles pour dénoncer la dramatique situation en RDC et exiger une réaction digne de ce nom. Armés symboliquement de parapluies, les manifestants étaient présents pour demander qu’on protège les populations civiles de la RDC et tout particulièrement les femmes.

Voici les revendications :

Les organisations signataires (Amnesty international, le CNCD-11.11.11, COFTEN, Femmes en Noir contre les expulsions, Mouvement de Femmes, 11.11.11-KVNZB, Oxfam-Solidarité, Pax Christi Vlaanderen, ...) de cet appel demandent de toute urgence au gouvernement belge et à aux Nations unies de :

  • Renforcer et redéployer immédiatement la MONUC, celle-ci doit disposer d’un mandat lui permettant d’assurer la sécurité des populations civiles.
  • Lutter contre l’impunité : les victimes ont droit à la justice et à des réparations. Les auteurs de crimes de guerre, y compris les responsables de violences sexuelles, utilisées comme arme de guerre, doivent être jugés devant les tribunaux nationaux ou internationaux.
  • Responsabiliser les entreprises liées à l’extraction des matières premières et qui agissent dans l’est de la RDC : leurs activités économiques ne doivent en aucun cas servir à alimenter le conflit et si tel était le cas, les responsables devront répondre de leur actes. Les entreprises doivent contribuer au respect des droits humains.
  • Contrôler les frontières pour éviter l’entrée de nouvelles armes et la fuite illégale de ressources minières du territoire de la RDC.
  • Exiger du Conseil des droits de l’Homme qu’il prenne les mesures appropriées, guidées par le seul but de protéger la population civile et de lui rendre sa dignité. Cette dignité passe notamment par un réconfort matériel, un retour des populations sur leurs terres, et par la mise en œuvre de la justice.
Galerie photo de la manif - www.cncd.be/photos

P.-S.

Texte & photos : Frédéric Lévêque (CNCD-11.11.11)