CNCD-11.11.11

Projets Sud 11.11.11

Chaque année, l’Opération 11.11.11 permet le financement d’une cinquantaine de projets dans le Sud. Certains visent clairement à progresser vers une justice climatique.

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La justice climatique

L’Opération 11.11.11 soutient le mouvement « Jubilé Pérou », qui regroupe près de 70 organisations sociales locales au Pérou, ainsi que des centres de recherche et des églises. Son objectif est d’influencer les élus politiques afin que soit reconnu le fait que les pays du Nord ont une « dette climatique » envers le Sud.

Pourquoi ? Parce que les principales conséquences du changement climatique se font et se feront sentir dans les pays en développement, qui n’en sont pourtant pas responsables. En effet, les 4/5 des émissions de gaz à effet de serre ont été le fait des pays du Nord. Sécheresses, hausse du niveau des mers, famines, migrations massives pourraient se multiplier dans les décennies à venir. Face ce constat, la justice climatique implique que les pays et les citoyens du Nord s’engagent vis-à-vis du Sud.

Que faire ? Le mouvement vise notamment à influencer les dirigeants du Nord pour qu’ils transfèrent au Sud des technologies propres permettant de lutter contre le réchauffement climatique et ses effets destructeurs.

L’oxyde nitreux monte aux cieux

L’Opération 11.11.11 soutient Autre Terre qui mène au Pérou, en partenariat avec des organisations paysannes locales, un programme visant à augmenter les revenus des familles paysannes très pauvres, tout en développant une agriculture respectueuse de l’environnement.

Pourquoi ? Parce que l’agriculture moderne, intensive, qui permet de produire des aliments bon marché en grandes quantités, a un coût environnemental important puisqu’elle produit des gaz à effet de serre. Ceux-ci proviennent de la fabrication des engrais azotés qui, une fois répandus sur les cultures, diffusent de l’oxyde nitreux dans l’atmosphère, un gaz à effet de serre redoutable, puisqu’il est 300 fois plus fort que le CO2.

Que faire ? Le programme vise entre autres le développement de la culture de la tara, un arbuste dont les fruits, contenant du tanin, peuvent être utilisés dans l’industrie du cuir. La plantation de ces arbres sur des terres arides, inutilisables pour l’agriculture, sert également de « puits de carbone » en absorbant le CO2 de l’atmosphère. Ces plantations luttent ainsi contre les changements climatiques.

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Agriculture sans engrais chimiques

L’Opération 11.11.11 soutient Oxfam-Solidarité qui mène en Amérique centrale (Salvador et Guatemala) un programme de sensibilisation des populations d’une trentaine de communes à leur droit à l’eau potable.

Pourquoi ? Parce qu’en Amérique centrale, comme dans beaucoup de régions du Sud, les personnes souffrant de pauvreté n’ont pas les moyens de se fournir en eau potable alors que les personnes aisées ont autant d’eau qu’ils souhaitent. Les entreprises multinationales pompent en plus l’eau du sous-sol et privent de celle-ci les populations voisines.

Que faire ? Le programme vise à aider ces populations à s’organiser pour faire valoir leur droit à l’eau auprès des élus politiques locaux et nationaux. Ceux-ci devront alors opérer un arbitrage entre les différents acteurs locaux utilisant l’eau afin que celle-ci soit répartie avec plus de justice.

Pillage de la forêt en RDC

L’Opération 11.11.11 soutient le Réseau ressources naturelles (RRN), qui met en réseau des centaines d’associations locales en République démocratique du Congo et qui s’emploie à lutter contre le pillage des ressources naturelles. Pourquoi ? Parce que, comme la plupart des forêts tropicales, la forêt congolaise fait l’objet d’une exploitation illégale du bois par des firmes étrangères.

Des pseudo-accords sont passés avec les populations locales. On coupe des centaines d’hectares de bois précieux en échange de seaux en plastique, de sucre, de bicyclettes ou parfois de la construction d’une école. Non seulement ce qui est proposé en échange du bois n’en vaut souvent pas le millième, mais en plus, ces promesses sont rarement tenues ! À l’échelle mondiale, un quart du bois coupé l’est illégalement. Supprimer ce type d’exploitation permettrait de réduire substantiellement la déforestation.

Que faire ? Le RRN sensibilise les populations vivant dans la forêt (40 millions de personnes) à propos de leurs droits et de la valeur réelle du bois. Il les forme notamment à vérifier l’authenticité des autorisations des sociétés coupant les arbres dans leur localité, et à lutter ainsi contre l’exploitation illégale de la forêt.

Le RRN développe également un système de traçabilité des troncs coupés afin que les populations locales puissent réclamer la part de revenu qui, selon la loi, doit leur être restituée pour leur développement.

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Le droit à la terre

L’Opération 11.11.11 soutient Frères des Hommes qui oeuvre au Guatemala en partenariat avec des organisations locales de défense des paysans.

Pourquoi ? Parce que les sociétés multinationales qui viennent exploiter les ressources naturelles dans les pays en développement le font souvent au détriment de l’environnement et des cultures traditionnelles indigènes. Les exploitations minières ou forestières, les grandes monocultures d’exportation (café, bananes, biocarburants), se développent en chassant les petits paysans de leur exploitation agricole, et ce, au mépris du droit à la terre.

Que faire ? Ces organisations ont, entre autres, pour mission de former les paysans aux connaissances légales nécessaires pour qu’ils puissent mieux défendre leurs droits, en particulier leur droit à la terre.

Quand la forêt part en fumée

L’Opération 11.11.11 soutient un programme développé en République démocratique du Congo par l’ONG Service laïc de coopération au développement (SLCD), qui travaille en partenariat avec des organisations paysannes locales. Il s’agit de diffuser l’agroforesterie, afin de remplacer la culture sur brûlis.

Pourquoi ? Parce que la culture sur brûlis est une cause importante de déforestation. Elle consiste à brûler une partie de la forêt pour y cultiver, les cendres servant d’engrais. Cette action se refait de place en place, et au bout de 20 ans on la recommence à l’endroit initial, quand la forêt a repoussé.

Toutefois, lorsque la population s’agrandit, la forêt est de plus en plus déboisée et elle disparaît peu à peu. C’est ce qui se passe actuellement dans toute la zone intertropicale.

Que faire ? L’agroforesterie permet de sauvegarder la forêt tout en répondant aux besoins alimentaires de la population et en développant l’agriculture. L’agroforesterie permet, en effet, de faire pousser des arbres et de cultiver sur une même parcelle.

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