« Stop & Go », une plateforme pour la sortie du nucléaire

Lancement d’une plateforme baptisée « Stop & Go » pour sortir du nucléaire et en faveur des énergies renouvelables.

Le CNCD-11.11.11 y adhère.

25 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et alors qu’un autre scénario dramatique se joue à Fukushima, Greenpeace, le WWF, la Fédération Inter-Environnement Wallonie et le Bond Beter Leefmilieu ont lancé officiellement une plateforme baptisée « Stop & Go ». « Stop » se réfère à l’arrêt de l’énergie nucléaire conformément aux dispositions de la loi votée en 2003. Le « Go » marque le choix volontariste des énergies renouvelables.

Les organisations environnementales souhaitent que la société civile, les entreprises, syndicats, partis politiques, autorités locales, groupes d’intérêt, etc qui veulent en finir avec l’énergie nucléaire et investir les énergies renouvelables rejoignent la plateforme. Les particuliers sont quant à eux invités à signer la pétition « Sortons du nucléaire ».

« Stop & Go » ne demande pas uniquement le respect de la loi sur la sortie du nucléaire ; elle appelle également à travailler de manière urgente à une vision à long terme, partagée et coordonnée, de notre politique énergétique. Pour Cécile de Schoutheete d’Inter-Environnement Wallonie : « La politique actuelle est basée sur des décisions ponctuelles susceptibles d’être à tout moment remises en cause. Un cadre stable pour les investissements des nouveaux acteurs du marché de l’énergie fait défaut. Un avenir 100 % renouvelable doit être la ligne directrice d’une vision à long terme en vertu de laquelle nos politiques devront avoir le courage de faire des choix clairs. En respectant la loi de 2003 et en fermant les centrales nucléaires, nous ouvrirons la voie à un développement conséquent des énergies renouvelables. »

Ce choix est d’autant plus souhaitable que les (bonnes !) raisons d’abandonner l’énergie nucléaire sont légion. Eloi Glorieux, de Greenpeace, explique : «  Il n’y a toujours pas de solution pour les déchets nucléaires à jamais radioactifs. De nombreux scénarios imprévisibles font qu’une catastrophe nucléaire majeure peut survenir dans n’importe quel type de réacteur, n’importe où et à n’importe quel moment. Or, avec la forte densité de population de notre pays, un accident à Doel ou à Tihange aurait des conséquences environnementales, sociales et économiques irréversibles.  » Sans compter que l’énergie nucléaire est très coûteuse. Nous payons chaque année via notre facture d’électricité des milliards d’euros pour des centrales déjà amorties. En outre, des millions d’euros issus de nos impôts vont à l’énergie nucléaire alors qu’ils pourraient être investis plus intelligemment dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

« Stop & Go » plaide pour une politique énergétique ambitieuse et coordonnée. « Les trois plus vieux réacteurs nucléaires peuvent être fermés comme prévu en 2015 sans mettre en péril notre approvisionnement électrique. Il est toutefois nécessaire pour garantir un approvisionnement énergétique sûr, durable et abordable à long terme que nous économisions d’avantage d’énergie. Et nous disposons pour ce faire d’un potentiel énorme car notre pays est un des pays européens les plus consommateurs d’énergie.  » constate Jan Vandermosten du WWF.

Les associations à l’origine de « Stop & Go » espèrent que des acteurs de tous bords (entreprises, syndicats, partis politiques, etc.) rallieront la plateforme pour appuyer une demande à la fois simple et forte : « Nous voulons choisir l’avenir et non pas nous lier à une technologie du passé ! »