Stop aux violences dans l’Est du Congo

Bruxelles, le 08 juin 2012 - EurAc demande l’arrêt des violences dans l’Est de la RDC. Pour une paix durable dans la région.


Mise en ligne le 11 juin 2012
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Le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) et ses ONG membres sont particulièrement préoccupés par la recrudescence des violences et de l’insécurité en République Démocratique du Congo, et particulièrement à l’Est du pays depuis le mois d’avril 2012. La situation se dégrade au jour le jour, au détriment de la population civile, victime de graves violations des Droits de l’Homme. Elle risque encore une fois d’embraser d’autres parties du pays, particulièrement celles dont le processus de paix est relativement plus avancé comme dans l’Ituri et certaines parties du Sud Kivu.

Cette situation résulte de la reprise des combats armés, début avril, suite à la défection, de plus d’une dizaine d’officiers supérieurs et de quelques centaines d’hommes des Forces Armées de la République Démocratiques du Congo (FARDC). Ces hommes sont issus de l’ex-Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) et ont rejoint leur chef, Bosco Ntaganda, que le Président Joseph Kabila a finalement eu l’intention d’arrêter afin qu’il soit jugé. Des combats sont engagés entre cette nouvelle rébellion dite M23 et les FARDC.

EurAc appelle l’Union Européenne et ses Etats membres à demander aux institutions congolaises de renouveler leur engagement politique pour une véritable réforme du secteur de sécurité et de mener des politiques visant à répondre aux facteurs structurels de conflictualité à l’Est du pays, où le rôle du Rwanda est de plus en plus flagrant. En tout état de cause, EurAc estime que les solutions apportées à cette crise ne devraient en aucun cas favoriser l’impunité en protégeant des criminels de guerre, dont Bosco Ntaganda. EurAc demande à l’Union Européenne et à ses Etats membres de :

  • s’assurer que la situation d’insécurité à l’Est de la RDC, qui de manière structurelle et récurrente menace la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Etat congolais, ne soit pas laissée à la seule discrétion du Président de la République mais que le Parlement et le gouvernement congolais puissent être impliqués et puissent jouer leur rôle dans sa résolution ;
  • demander au gouvernement congolais de mettre fin aux combats et aux défections en cours, tout en veillant à la protection des populations civiles et la prise en charge des déplacés, et cela grâce notamment à l’aide de la MONUSCO.
  • s’engager pour un brassage total et effectif dans les FARDC des militaires congolais, qui avant dépendaient des commandements du CNDP, sur des critères clairs et grâce à un processus d’accompagnement et de suivi, dans le but de construire une armée républicaine nationale. Mais ce brassage ne devrait en aucun cas être une sorte d’amnistie qui consacrerait une fois de plus l’impunité.
  • collaborer avec la RDC pour que Bosco Ntaganda dépose les armes, soit arrêté et livré à la Cour Pénale Internationale (CPI), où qu’il se trouve ; et exercer une pression pour que le Rwanda s’engage à collaborer avec le Congo dans cette démarche et cesse tout appui aux groupes rebelles opérant au Kivu.
  • peser pour l’ouverture d’un dialogue sincère pour le retour définitif des réfugiés rwandais et pour le règlement définitif de la question des FDLR, deux des principales problématiques à la base de l’insécurité frontalière entre le Rwanda et la RDC et qui servent souvent de prétexte à de nombreuses violations des droits de l’Homme sur le sol congolais. L’ouverture de l’espace politique au Rwanda est une mesure indispensable pour la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs.
  • peser pour que les institutions congolaises s’associent à la MONUSCO dans la résolution de cette crise, le maintien de la sécurité à l’Est de la RDC et la protection des populations civiles. Cette collaboration devrait s’étendre aux nécessaires enquêtes sur les massacres commis à l’Est du pays et sur les allégations des Nations Unies quant à l’éventuel soutien du Rwanda à la rébellion du M23.

Contact

Donatella Rostagno
Secrétaire Exécutif a.i. EurAc
Tél : +32 496 074905
e-mail : donatella.rostagno_at_eurac-network.org
www.eurac-network.org