Le G20 doit passer des discours aux actes concrets !


Mise en ligne le 2 novembre 2011
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Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 se tient du 2 au 4 novembre à Cannes. Face à l’absence de réponses politiques internationales suffisantes à la crise sans précédent que subit la planète, le CNCD-11.11.11 soutient et participe à la mobilisation de la société civile rassemblée à Nice sous le slogan « Les peuples d’abord, pas la finance ! ».

En effet, malgré une série d’annonces importantes, le bilan du G20 se révèle très maigre. Hormis l’annonce en avril 2009 de l’addition des plans de sauvetage et de relance du système pour un montant total de 5.000 milliards de dollars, peu de décisions concrètes ont finalement été prises.

En ce qui concerne les paradis fiscaux et l’annonce de mettre fin au secret bancaire, malgré la publication de listes noire et grise et la négociation de douze accords bilatéraux d’échange d’information fiscale à la demande par les Etats incriminés, le secret bancaire est toujours bien vivant, en l’absence d’un véritable système multilatéral d’échange automatique d’information. En ce qui concerne la réglementation des banques, le Comité de Bâle, mandaté par le G20, n’a pas pu trouver un accord plus ambitieux que celui d’exiger 7% de fonds propres aux banques d’ici 2019, ce qui a d’ailleurs incité plusieurs gouvernements à revoir unilatéralement à la hausse et à accélérer le délai de mise en œuvre de cette mesure.

En ce qui concerne la démocratisation des Institutions financières internationales, les transferts de droits de vote de 3% et 6% à la Banque mondiale   et au FMI   n’ont pas permis une modification significative des modes de décision, tandis que l’engagement de ne plus réserver la direction de la banque à un Américain et celle du Fonds à un Européen n’a pas été respecté avec la nomination de l’européenne Christine Lagarde à la tête du FMI en juin dernier.

En ce qui concerne les Objectifs du millénaire pour le développement   et le financement d’un fonds vert pour l’adaptation aux changements climatiques, les engagements n’ont pas été tenus, avec la chute de l’aide publique au développement   annoncée dans la plupart des pays donateurs et l’absence de mode de financement du fonds vert qui devrait pourtant être financé à hauteur de 100 milliards de dollars en 2020.

Enfin, la lutte contre l’instabilité des marchés agricoles reste à concrétiser, du fait que les fonds d’investissement continuent de spéculer sur des indices de prix et que les gouvernements n’ont pas voulu accepter la mise en œuvre de stocks régulateurs en-dehors des stocks d’aide d’urgence gérés par le programme alimentaire mondial.
C’est pourquoi un vaste rassemblement d’associations citoyennes, d’ONG, de syndicats et de mouvements sociaux se mobilisent du 1er au 4 novembre à Nice – et non pas à Cannes, dont l’accès est interdit aux citoyens pendant toute la durée du sommet.
Selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11 : « Le G20 doit dépasser les effets d’annonce sans lendemain et adopter des mesures concrètes et suffisamment ambitieuses que pour répondre efficacement aux défis posés par la crise financière, climatique et alimentaire ».

Contacts presse

Arnaud Zacharie
Secrétaire général, 0495 92 35 58

Antonio Gambini
Chargé de recherche Financement du Développement, 0479 48 28 78