Un (tout petit) verre d’agrocarburant ça va ! Trois verres, bonjour les dégâts !

L’utilisation à grande échelle d’agrocarburants peut-elle répondre à la nécessaire transition vers un autre modèle énergétique ? Le 18 juin,
des associations ont mené une action ludique dans des stations service pour
sensibiliser les automobilistes.


Mise en ligne le 18 juin 2012
Actualités

Les changements climatiques, dont les conséquences frappent déjà les plus vulnérables, et la perspective de l’épuisement des ressources fossiles nous obligent à réviser en profondeur notre modèle de consommation énergétique.
L’utilisation à grande échelle d’agrocarburants contribuera-telle à répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et d’accès à l’énergie ? Quelle devrait
être la place de ces agrocarburants dans la transition énergétique qui s’impose ?

4% dans nos réservoirs

La directive « énergies renouvelables » de l’Union européenne (UE) oblige les 27 États membres à incorporer 10% d’énergies renouvelables dans le carburant de transport en 2020. Dans la pratique, cet objectif sera atteint à 90% à travers l’utilisation d’agrocarburants.

En 2010, chaque Belge a consommé en moyenne près de 1.000 litres de carburant, dont 40 d’agrocarburants. Ce chiffre devrait doubler d’ici 2020 si les politiques prévues sont mises en oeuvre. Pour produire ces 4% d’agrocarburants dans nos réservoirs, il a fallu 760.000 tonnes d’huile végétale, de céréales et de betteraves, ce qui équivaut à 18% des terres agricoles ou 32% des terres arables de la Belgique.

Notre pays compte produire une partie des agrocarburants sur son sol, mais en moyenne, les États européens prévoient d’importer 50% des agrocarburants en provenance de pays en dehors de l’UE. Avant même d’en produire, l’UE importe déjà beaucoup plus de nourriture qu’elle n’en exporte. Nous dépendons de surfaces agricoles très importantes dans les pays du Sud utilisées pour produire du soja, des fruits, des légumes, des huiles, etc.

Dix idées reçues

C’est ce message qu’ont voulu faire passer de manière ludique des activistes le 18 juin dernier à Bruxelles. Une brigade de douane volante accompagnée de techniciens armés d’« agrotesteurs » s’est invitée dans trois stations service
pour vérifier le contenu en agrocarburants des réservoirs des véhicules de passage. Pour sensibiliser les automobilistes, les « douaniers » ont distribué un document illustré par le talentueux dessinateur Titom répondant à dix idées reçues sur les agrocarburants. Rouler aux biocarburants, est-ce rouler bio ? Les agrocarburants permettent-ils de lutter contre le réchauffement climatique ? Diminuent-ils notre dépendance au pétrole ? N’ont-ils pas d’impacts négatifs sur les populations pauvres du Sud ? Créent-ils de nombreux emplois verts ?
Tous les agrocarburants sont-ils à proscrire ? Etcétéra.

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