Aide belge au développement : 0,7%, c’est maintenant !

La solution aux crises ? Investir dans la solidarité internationale.

Pourquoi cet objectif de 0,7% ?

Il s’agit d’un engagement pris le 24 octobre 1970 par les pays dits « économiquement avancés ». À l’époque, la date butoir pour respecter cette résolution adoptée à l’ONU était 1975. Cela fait donc presque 50 ans ! Cet engagement a été réitéré à différentes échelles par la suite, sans être atteint, du moins par la Belgique.

Où en est la Belgique par rapport à son engagement ?

Evolution de l'Aide publique au développement de la Belgique de 1960 à 2023

En 2023, l’aide publique belge a stagné en volume et diminué en pourcentage de nos richesses. La Belgique a consacré 0,44% de son revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement. On est donc loin des 0,7% auxquels elle s’est pourtant engagée, sans parler qu’une partie de ce montant est en réalité une « aide fantôme ».

Pourquoi qualifiez-vous une partie de l’aide belge comme « aide fantôme » ?

L’« aide fantôme », ce sont des montants qui ne sont pas dépensés pour financer des programmes de développement durable dans les pays du Sud. Cela représente 12% de la totalité de l’aide belge. On y trouve surtout les frais d’accueil de demandeurs d’asile en Belgique, soit des montants qui sont nécessaires et importants, mais qui ne devraient pas être comptabilisés comme de l’aide au développement. . La Ministre Caroline Gennez peut néanmoins être félicitée pour avoir décidé en 2022 de cesser de comptabiliser en APD les coûts imputés d’étudiants étrangers et les frais d’accueil de réfugiés ukrainiens.

Nos pays voisins font-ils mieux que nous ?

La Belgique est en dessous de la moyenne européenne, qui s’élève en 2023 à 0,52% du Revenu national (brut). Nos pays voisins sont tous, sans exception, plus généreux que nous (Pays-Bas : 0,66% ; France : 0,50% ; Allemagne : 0,79%, Suède : 0,91% ; Norvège : 1,09% ; Luxembourg : 0,99%). La Belgique ne se trouve qu’à la 13e place des pays donateurs en pourcentage du RNB (elle était 6e en 2010) et à la 16e place en volume.

Quels sont les engagements du gouvernement fédéral actuel ?

En plus des engagements historiques pris par la Belgique sur la scène internationale, l’actuelle majorité gouvernementale s’est fixé l’objectif d’atteindre les 0,7% en 2030. Tous les partis francophones composant cette majorité se sont engagés dans ce sens dans leurs programmes électoraux respectifs en 2019. L’accord de gouvernement de la coalition Vivaldi indiquait quant à lui en 2020 qu’ « une trajectoire de croissance contraignante sera définie et mise en œuvre à partir de 2021 afin d’atteindre, d’ici 2030, la norme convenue au niveau international, soit 0,7% du RNB ». En septembre 2021, lors des Assises de la coopération organisées par le CNCD-11.11.11, les trois Présidents de partis francophones de la majorité - Paul Magnette (PS), Georges-Louis Bouchez (MR) et Jean-Marc Nollet (Ecolo) - ont confirmé cette volonté. Un nouvel engagement a été ensuite pris lors du Conseil des Ministres du 25 février 2022 et un accord a enfin été conclu lors du kern (Conseil des ministres restreint) du 18 juin 2022 en faveur d’une augmentation de l’aide belge pour atteindre 0,7% du RNB en 2030. Il reste toutefois à concrétiser la trajectoire de croissance menant à cet objectif.

Qu’est-ce que cette trajectoire de croissance que vous revendiquez ?

Pour que l’Aide publique au développement belge atteigne effectivement - et enfin - 0,7% du RNB pour 2030 au plus tard, le gouvernement belge aurait dû traduire cet objectif dans le budget de la coopération dès 2023, budget qui s’est discuté lors du conclave de début octobre 2022. C’est dans ce contexte qu’il était central d’adopter une trajectoire de croissance linéaire et contraignante dès à présent, et qui engage une continuité au sein de la prochaine législature. La trajectoire de croissance telle que proposée par la ministre Kitir aurait représenté 260 millions d’euros supplémentaires par an. . Or, le gouvernement belge s’est accordé sur une augmentation du budget de 20 millions d’euros respectivement en 2023 et 2024. Autrement dit, le compte n’y est pas du tout et une incertitude plane sur les années qui suivront. Le gouvernement n’a pas tenu ses engagements et met, de ce fait, en péril le futur de l’Aide publique au développement dont les moyens ne se trouvent même pas indexés sur l’inflation. Le CNCD 11.11.11 continue de plaider pour que le futur gouvernement fédéral s’engage à honorer ses engagements internationaux et finance à la hauteur de ces derniers un secteur dont l’efficacité a fait ses preuves, et qui jouera encore un rôle majeur dans le contexte de polycrise mondiale que nous traversons.

0,7% du RNB, c’est beaucoup ?

Aujourd’hui l’APD belge s’élève à 0,44% du RNB, soit 2,6 milliards €. Respecter en Belgique l’engagement des 0,7% du RNB en aide au développement ne coûterait que 1 euro par jour et par habitant.
Tous les principaux enjeux mondiaux du 21e siècle – du changement climatique à la pauvreté et aux inégalités, en passant par les migrations, les pandémies, la souveraineté alimentaire et le terrorisme global – sont liés au développement et nécessitent de renforcer la coopération internationale. Face aux tentations de replis identitaires, la coopération au développement contribue à promouvoir la solidarité et la stabilité internationale dans un monde de plus en plus interdépendant. En ce sens, elle n’est pas seulement allouée dans l’intérêt des pays pauvres, mais aussi dans celui des pays donateurs. Facteur de stabilité et de paix, l’aide au développement contribue à enrayer les « effets boomerang » engendrés par la pauvreté et les conflits dans le voisinage des pays développés.
Investir durablement dans le développement de pays du Sud nous fera en outre épargner des montants exorbitants d’aide humanitaire par la suite, qui en plus ne servent qu’à répondre temporairement à des urgences. La prévention coûte 3 à 4 fois moins cher que la résolution de conflits.

La quantité d’aide ne dit rien de sa qualité !

Si atteindre l’objectif quantitatif de 0,7 % du RNB consacré à l’Aide publique au développement est central, la question de la qualité et de sa cohérence avec d’autres politiques de cette aide l’est tout autant. Ces enjeux sont traités annuellement dans notre Rapport sur la coopération belge.

Pourquoi un financement à 0,7 % est aujourd’hui particulièrement nécessaire ?

L’atteinte de l’objectif de 0,7% est plus que jamais nécessaire parce que nous vivons une multiplicité de crises au niveau mondial : pandémie de Covid, dérèglement climatique, guerre en Ukraine, sans compter une crise alimentaire alarmante qui découle des trois précédentes. L’extrême pauvreté a augmenté pour la première fois en 20 ans suite à la pandémie et les inégalités mondiales se sont exacerbées.

Ces crises ont des implications dans le monde entier, y compris en Belgique. Et si l’on veut agir pour éviter de telles crises à l’avenir, investir dans la prévention et la résilience pour un monde juste et durable en respectant l’engagement de financer l’aide au développement à hauteur de 0,7% du RNB reste la solution la plus efficace et la moins coûteuse sur le long terme.

La reconstruction des États fragiles ou post-conflits, le financement de l’adaptation au changement climatique, l’éradication des grandes pandémies ou le renforcement des capacités de recherche et de formation représentent des enjeux majeurs auxquels l’aide au développement peut contribuer.


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