Les pertes et préjudices ou les dommages du réchauffement climatique

Pour un mécanisme mondial d'assistance pour les pays les plus vulnérables aux changements climatiques.

Pour une justice climatique

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  • Mise en ligne : 12-10-21
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  • Crédit : © Black Salmon (Shutterstock)
  • Mise en ligne : 06-09-22
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COP 27, Charm el-Cheikh, Egypte

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  • Crédit : © Kiara Worth, UN Climate Change (Flickr).
  • Mise en ligne : 20-11-22
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C’est quoi les « pertes et préjudices » climatiques ?

Les pertes et préjudices pertes et préjudices climatiques, ce sont les dégâts liés aux catastrophes liées réchauffement climatique.

Ces catastrophes englobent à la fois les événements extrêmes, comme les tempêtes violentes ou les inondations, ainsi que des phénomènes qui se manifestent sur le long terme, comme les sécheresses menant à la désertification ou la montée des eaux provoquant l’érosion et la salinisation des sols. Par contre, les catastrophes sans lien prouvé avec le changement climatique Justice climatique
changement climatique
changements climatiques
, comme les tremblements de terre, les pollutions locales ou les accidents nucléaires, ne sont pas incluses.

On distingue les pertes économiques, qui sont généralement quantifiables. Elles comprennent la destruction de biens (maisons, bateaux de pêche, etc.) et la perte de ressources (récoltes, terres agricoles). À l’inverse, les pertes non économiques sont plus difficiles à évaluer. Ces dernières incluent, par exemple, la perte de biodiversité, la destruction d’écosystèmes, la disparition de patrimoine culturel, les impacts sur la santé mentale, ou la perte des connaissances des communautés autochtones.

Qui seront les premiers touchés ?

Selon les scientifiques, entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes vivent actuellement dans des zones fortement vulnérables aux changements climatiques. Ces populations se trouvent principalement en Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, en Asie du Sud, en Amérique centrale et du Sud, en Arctique et dans les petits États insulaires.

Les pays du Sud sont les premiers touchés mais sont-ils les seuls ?

Non, évidemment, aucune région du monde n’est épargnée. En Europe, les impacts sont déjà visibles : les inondations dévastatrices de juillet 2021 en Belgique, les vagues de chaleur successives et les inondations survenues en Espagne en novembre 2024 en sont de bons exemples. Le GIEC estime que ces phénomènes devraient devenir plus fréquents et plus intenses dans le futur.

Quels montants sont nécessaires ?

Vu la nature des pertes non économiques et les inconnues face aux potentielles pertes économiques, il est difficile de déterminer avec précision les montants exacts qui seront nécessaires pour dédommager les pertes et préjudices.

Une étude de la Loss and Damage Collaboration estiment que les besoins des pays en développement avoisineront les 400 milliards de dollars par an d’ici 2030.

Vu l’ampleur des pertes et préjudices, n’est-il pas trop tard pour l’action climatique ?

Le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), sorti début 2022, indique que certaines conséquences des changements climatiques sont déjà irréversibles pour de nombreuses personnes et écosystèmes. Mais il reste possible de limiter d’autres impacts.

Il faut pour cela agir sur les trois piliers de l’action climatique.

D’abord, il est crucial de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement, ce qui correspond au pilier de l’atténuation. Ensuite, il est nécessaire de mettre en place des politiques d’adaptation pour limiter les conséquences du dérèglement climatique, comme repenser l’urbanisme, promouvoir une agriculture résiliente, ou assurer un accès durable à l’eau. Enfin, il faut mobiliser les moyens pour financer et gérer les pertes et préjudices inévitables.

Ces trois piliers sont interconnectés. Si les efforts d’atténuation tardent, les besoins en adaptation augmenteront, et si l’adaptation est sous-financée, les dégâts seront plus sévères.

Quels outils existent au niveau international pour compenser les pertes et préjudices ?

Il existe un mécanisme international pour les pertes et préjudices au niveau des Nation Unies. Il s’agit du mécanisme de Varsovie (Warsaw International Mechanism) établi en 2013 lors de la COP19.

Il vise trois objectifs principaux : (1) améliorer la compréhension scientifique des pertes et préjudices (notamment en termes de définitions et de données), (2) faciliter les échanges entre les acteurs concernés, et (3) renforcer l’action et le soutien en réponse aux pertes et préjudices.

Fin 2022, lors de la COP27 en Egypte, les Nations Unies ont décidé d’établir un fonds et des arrangements financiers spécifiques aux pertes et préjudices. Un signal politique positif pour les pays en développement et la société civile internationale. Le fonds a été opérationnalisé à Dubaï en Arabie saoudite l’année suivante. Une série de promesses ont suivi mais ne sont que des gouttes dans l’océan des besoins des pays en développement, qui avoisineront plutôt les 400 milliards de dollars par an d’ici 2030. Les communautés les plus touchées nécessitent un mécanisme de financement structurel, reposant sur un engagement financier durable (le NCQG, voir plus bas), et non de simples promesses ponctuelles.

De plus, le fonds sera hébergé par la Banque mondiale, dont les politiques ne sont pas toujours alignées avec les objectifs climatiques.

Pourquoi recourir aux assurances privées ne suffit pas pour couvrir les risques climatiques ?

Bien que les financements privés puissent jouer un rôle dans la gestion des risques climatiques, s’appuyer uniquement sur une logique d’assurance privée serait insuffisant, et ce, pour au moins trois raisons.

Premièrement, souscrire une assurance nécessite de payer une cotisation. Dans les pays les moins avancés, de nombreuses populations ne peuvent tout simplement pas se permettre ce type de cotisation.

Deuxièmement, les assurances privées ne conviennent pas pour les phénomènes à évolution lente, comme la désertification ou la dégradation progressive des ressources économiques, telle que la baisse des rendements agricoles.

Enfin, les assureurs n’assurent que ce qui est rentable, or les risques sont trop élevés comme c’est relevé dans les rapports d’activités des grands groupes d’assurance.

S’il y a un recours à un mécanisme international pour les pertes préjudices, comment devrait-il être financé ? Par des dons ou des prêts ?

Pour le CNCD-11.11.11, les fonds pour les pertes et préjudices doivent être des dons (et non des prêts) et être additionnels au budget de l’aide au développement coopération au développement
aide publique au développement
aide au développement
, à l’aide humanitaire d’urgence et aux financements actuellement alloués pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Il est crucial d’éviter d’aggraver le fardeau de la dette publique que les économies des pays en développement supportent déjà.

Les dommages potentiels ne sont-ils pas trop importants pour être couverts ?

On peut y arriver. Ce mécanisme pourrait être financé par des sources innovantes. Les solutions existent, citons notamment une réorientation des subsides publics alloués aux énergies fossiles (qui représentent 15 milliards par an à ce jour en Belgique), une taxe sur les transactions financières Taxe sur les transactions financières ou encore une taxation internationale sur l’aviation.

Est-ce que les pays du Nord pourront aussi bénéficier de ce mécanisme d’assurance ?

Les fondements d’un mécanisme d’assistance aux victimes climatiques doivent reposer sur les principes de la justice climatique : ce sont les principaux responsables du dérèglement climatique qui doivent soutenir prioritairement ce mécanisme d’assurance.

Bien que l’urgence climatique affecte tous les pays, certaines régions sont bien plus exposées et vulnérables que d’autres. Ainsi, il est logique que les pays les plus vulnérables et les moins responsables de la crise climatique soient les premiers à en bénéficier.

En bref, que demande le CNCD-11.11.11 sur cet enjeu ?

Le CNCD-11.11.11 appelle les responsables politiques à faire des pertes et préjudices une priorité, notamment dans le cadre des négociations climatiques internationales. Cela signifie intégrer systématiquement cette question à l’agenda des négociations, en s’assurant qu’elle figure officiellement dans le plan de travail des divers organes de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Il est essentiel de concrétiser rapidement le fonds décidé lors de la COP27, en s’appuyant sur des sources de financement innovantes. Il est également impératif de garantir que les engagements spontanés des gouvernements se traduisent par des dons supplémentaires, qui s’ajoutent aux précédents engagements en matière de financement climatique international et d’aide publique au développement.

De plus, il est crucial de renforcer le Réseau de Santiago, chargé de la mise en œuvre du Mécanisme de Varsovie pour les pertes et préjudices, afin de garantir que les solutions apportées soient en adéquation avec les besoins des pays et des communautés les plus vulnérables, tout en s’appuyant sur leur expertise et leurs recommandations.

Ce texte a été actualisé le 12 novembre 2024.

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