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10 ans du blocus de Gaza : l’urgence d’une solution politique

Nathalie Janne d'Othée Nathalie Janne d’Othée
16 juin 2016

Le mardi 14 juin dernier, le ministre belge de la Coopération au développement et l’UNRWA organisaient ensemble au BOZAR une conférence sur les conséquences humanitaires des 10 ans du blocus de Gaza. Face au constat d’une situation socio-économique mais aussi psychosociale qui s’empire de jours en jours, tous les orateurs s’y accordaient sur l’urgence de trouver une solution politique au blocus et plus largement au conflit.

L’état des lieux de la situation à Gaza est plus qu’alarmant. De passage à Bruxelles pour l’occasion, Pierre Krähenbühl, Commissaire général de l’UNRWA, l’agence des Nations Unies portant assistance aux réfugiés palestiniens au Proche Orient, a ainsi souligné qu’en 2000, 80 000 Palestiniens de Gaza dépendaient de l’aide alimentaire. Bien que déjà élevé à l’époque, ce chiffre atteint aujourd’hui 900 000 Palestiniens, soit environ la moitié de la population de la bande de Gaza ! Omar Shaban du think tank palestinien PalThink for Strategic Studies a quant à lui rappelé que l’économie gazaouie était autrefois exportatrice de produits agricoles mais aussi de produits manufacturés (notamment vers la chaine britannique Mark & Spencer). Avant que lui soit imposé le blocus, Gaza exportait en effet pour une valeur de 300 millions d’euros par an.

Aujourd’hui, le chômage dans la Bande de Gaza touche 45% de la population, représentant le taux de chômage le plus élevé au monde. Pierre Krähenbühl a invité l’assistance à s’imaginer la situation d’un chef d’entreprise à Gaza, autrefois pourvoyeur de l’emploi d’une quarantaine de personnes et aujourd’hui obligé d’accepter de l’aide alimentaire devant toute sa famille. Outre les destructions de logements et d’infrastructures, les dix années de blocus et les attaques israéliennes à répétition mènent également à la destruction psychologique progressive de la population gazaouïe.

Jean-Louis De Brouwer, directeur des Affaires humanitaires et de la protection civile à la DG ECHO, a rappelé que dans la plupart des crises humanitaires, la Commission européenne vise un continuum de l’aide humanitaire vers le développement. Or ce principe n’a aucun sens dans la situation de Gaza, en proie à un dé-développement constant du fait du blocus. Ce qui conduit Jean-Louis De Brouwer à constater le ridicule les conclusions du Conseil des affaires étrangères sur Gaza, sans cesse « copiées/collées » mais qui n’apportent aucune solution politique à la situation.

Le 20 juin prochain, le Conseil des affaires étrangères abordera à nouveau la question du processus de paix au Moyen-Orient dans la foulée de l’Initiative de paix française lancée le 3 juin dernier. Espérons que les ministres feront davantage qu’appeler «  toutes les parties à prendre rapidement des mesures pour obtenir un changement fondamental de la situation politique et économique ainsi que de la sécurité dans la bande de Gaza, notamment la fin du blocus et l’ouverture sans restriction des points de passage » (Conclusions du Conseil, 18/01/2016) et qu’ils s’accorderont sur des mesures politiques concrètes afin de pousser Israël à lever le blocus sur la bande de Gaza. Les conséquences humanitaires du blocus de Gaza ne peuvent en effet en aucun cas être justifiées par des raisons de sécurité.

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