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11% = 1 habitant sur 10 est privé d’eau potable

Jean-François Pollet Jean-François Pollet
24 juin 2015

Aujourd’hui, 748 millions d’habitants, soit 11 % de la population mondiale, n’ont toujours pas accès à l’eau potable. C’est deux fois moins qu’en 1990 grâce aux efforts menés par les Nations unies, mais cette situation reste préoccupante. Car 2,5 milliards de citoyens sont également privés de sanitaires.

Une personne sur dix dans le monde dépend d’une source d’eau insalubre. Parmi celles-ci, une sur quatre puise directement son eau dans des rivières, des ruisseaux ou des étangs. Et trois sur quatre s’approvisionnent à une source naturelle ou dans un puits ouvert non protégés. « Non protégé signifie que l’eau est partagée entre les hommes
et les animaux et qu’aucun dispositif ne garantit la séparation de l’eau et des déjections
humaines
 », précise Mouhamed Bachir Lo, spécialiste de l’eau à l’AMREF, une ONG basée au Kenya.

Selon l’OMS, deux millions de personnes, essentiellement des enfants, meurent chaque année de maladies liées à l’insalubrité de l’eau

L’eau insalubre est un vecteur important de maladies et la première cause de décès des nourrissons. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), deux millions de personnes, essentiellement des enfants, meurent chaque année de maladies liées à l’insalubrité de l’eau, dont le choléra qui continue à sévir dans une cinquantaine de pays.

20 litres par jour

Il y a 25 ans, un quart de l’humanité n’avait pas accès à l’eau potable, contre un dixième aujourd’hui. Les progrès sont donc sensibles. Réduire de moitié le nombre de personnes privées d’eau potable était d’ailleurs un des Objectifs du millénaire. Il a été atteint dès 2010 selon le Programme des Nations unie pour le développement. Problème sanitaire majeur, cause de grandes dépenses de temps et d’énergie lorsque les sources sont éloignées, l’eau est un élément indispensable pour mener une vie humaine digne et en bonne santé. Aussi, en juillet 2010, l’assemblée générale de l’ONU a fait de l’accès à une eau de qualité un droit fondamental.
Pour l’OMS, ce droit est respecté lorsqu’un habitant peut accéder à 20 litres d’eau po- table chaque jour et que sa source d’approvisionnement est située à moins d’un kilomètre de son domicile.

Par ailleurs, les Nations unies ont également fait de l’accès à des installations sanitaires un droit fondamental. « La question de l’eau et celle des installations sanitaires sont inséparables, poursuit Mouhamed Bachir Lo. Forer un puits n’est pas très compliqué, c’est surtout une question d’argent, entre 3 000 et 5 000 euros selon la profondeur du forage. La véritable difficulté, c’est l’accompagnement social et éducatif concernant l’installation. A chaque fois, il faut créer un comité de suivi qui veillera à l’entretien du puits et de la pompe, protégera l’installation avec une bâche, surveillera la qualité de l’eau et s’assurera que personne ne défèque dans les environs. Forer un puits et installer des sanitaires constituent de bons signes pour les populations. »

Or, en matière d’accès à des installations sanitaires, les chiffres ne sont pas bons. L’Organisation mondiale de la santé estime que 2,5 milliards de personnes, soit un tiers de l’humanité, n’ont pas accès à des services d’assainissement améliorés. Pour être efficaces, ceux-ci doivent séparer complètement les toilettes des sources d’eau. Pourtant, aujourd’hui, un milliard de personnes défèquent encore directement à l’air libre.

2,5 milliards de personnes, soit un tiers de l’humanité, n’ont pas accès à des services d’assainissement améliorés

« Les programmes d’adduction d’eau sont de plus en plus souvent accompagnés d’un volet sanitaire. C’est une bonne chose et cela devrait être systématique, car l’eau en soi n’est jamais dangereuse, c’est l’eau souillée qui est problématique  », conclut le spécialiste.

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