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Communiqué de presse

111 personnalités belges demandent au gouvernement d’augmenter l’aide au développement à 0,7% du RNB

18 janvier 2018

111 personnalités issues du monde économique, académique, culturel et social lancent un appel au gouvernement fédéral : la Belgique doit mettre fin aux coupes dans le budget de l’aide au développement et adopter un plan de croissance pour atteindre l’engagement international de 0,7% du RNB.

111 personnalités issues de tous les secteurs de la société civile, des deux côtés de la frontière linguistique, lancent un appel clair : les coupes dans le budget de la solidarité internationale, ça suffit !

Les 111 personnalités signataires sont issues du monde académique (les recteurs des universités et des professeurs de renommée internationale tels que Jean-Pascal van Ypersele, Françoise Tulkens, Olivier De Schutter ou encore Philippe Van Parijs), du monde économique (Thomas Leysen, Eric Domb, Etienne de Callataÿ, Arnaud Deplae, etc.), du monde culturel (de Fabrice Murgia à Stijn Coninx, en passant par Thomas Gunzig, Pierre Kroll ou David Murgia) et des organisations sociales (dont les responsables des mutuelles et des syndicats). Un appel qui avait également été signé quelques jours avant son décès par Philippe Maystadt, l’ex-président de la Banque européenne d’investissement.

Cette liste diversifiée de signataires montre qu’à l’heure des tentations de repli identitaire, la solidarité internationale continue de jouir d’une forte assise sociétale.

Selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, la coupole des ONG à l’initiative de l’« Appel des 111 » : « Le message de la société civile est clair : si l’aide publique au développement n’est pas la panacée, elle représente un instrument unique pour intervenir dans des contextes risqués et répondre aux défis du développement durable dans les zones les plus pauvres du monde. Une aide suffisante est dès lors non seulement dans l’intérêt des pays pauvres, mais aussi dans le nôtre, car elle contribue à enrayer les effets boomerang engendrés par la pauvreté et les conflits dans le voisinage européen ».

Alors que la réduction du budget de la Coopération belge au développement ont déjà mis à mal les capacités de la Coopération belge à répondre efficacement aux défis du développement durable, les coupes les plus importantes sont à venir, puisque le gouvernement Michel avait décidé de coupes croissant linéairement jusqu’en 2019. De nouvelles coupes additionnelles ne sont en outre pas à exclure.

Pourtant, l’engagement ne représente en rien un objectif budgétaire inatteignable. Respecter l’engagement des 0,7% du RNB en aide au développement ne coûterait que 70 centimes par jour et par habitant. Pour un résultat probant : les études des Nations Unies montrent que l’aide a contribué à la réduction de l’extrême pauvreté dans le monde, mais aussi à l’augmentation des investissements productifs et à l’allongement de l’espérance de vie.

En réponse à l’Appel des 111 publié dans le journal Le Soir, le ministre de la Coopération belge, Alexander De Croo, dit partager l’objectif des 0,7%, mais seulement à l’horizon 2030, arguant que l’efficacité doit primer sur le budget. « Certes, l’efficacité de l’aide est primordiale, mais une aide en quantité suffisante est une condition sine qua non de son efficacité  » rétorque Arnaud Zacharie. « Il est par ailleurs paradoxal de considérer que l’objectif des 0,7% est dépassé, tout en le visant à l’horizon 2030  ».

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