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42 000 personnes sont déplacées chaque jour par la force

Jean-François Pollet Jean-François Pollet
5 février 2016

Chaque jour, 42 000 personnes dans le monde fuient leur pays pour sauver leur vie. La plupart de ces réfugiés s’arrêtent dans un pays limitrophe : Syriens et Irakiens vont au Liban, en Jordanie ou en Turquie. Les Afghans fuient au Pakistan et en Iran. Ces cinq pays accueillent le tiers des réfugiés mondiaux. De leur côté, la République démocratique du Congo, le Soudan et la Colombie, trois pays que traversent par ailleurs de graves conflits, sont également très affectés par des
mouvements internes de population.

"Pour avoir une idée des proportions, explique Ahmed Hamila, chercheur à l’Université de Montréal, la Turquie, à elle seule, a reçu plus de demandeurs d’asile que les 28 pays de l’Union européenne depuis le début de la crise des réfugiés. »

En effet, seuls 14 % des réfugiés prennent la direction des pays développés, dont 8 %, soit 1 100 000 personnes environ, rejoignent précisément l’Union européenne. L’année dernière, entre janvier et juillet 2015, 551 100 demandes d’asile ont été introduites dans les pays de l’Union européenne, contre 626 700 pour toute l’année 2014. Le nombre de réfugiés reconnus affiche une progression, mais il est loin d’exploser comme le prétendent certains. «  On parle de “crise”, regrette Ahmed Hamila, de crise “de réfugiés”, “de migrants”, de “frontières”, mais il n’y a pas de hausse majeure des demandes. »

Seuls 14 % des réfugiés prennent la direction des pays développés, dont 8 % rejoignent précisément l’Union européenne

C’est surtout vrai pour la Belgique qui n’a pas dû affronter d’affluence particulière. « On a connu un pic en 2000, avec 47 000 demandes d’asile, constate Cécile Vanderstappen, chargée de recherche Migrations et développement au CNCD-11.11.11. 2011 fut aussi une année chargée avec 25 000 demandes. En août de l’année dernière, on recensait 17 000 demandes, ce qui n’est pas énorme. »

Deux pays européens, l’Allemagne et la Hongrie, reçoivent plus de la moitié (56 %) des demandes introduites dans l’Union. « L’impression d’un afflux massif est surtout due à la réaction des politiques, poursuit la chercheuse. Quand Théo Francken, secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, dit que l’administration ne peut enregistrer que 250 demandes par jour, il donne vraiment l’impression que la Belgique est prise d’assaut alors qu’il n’en est rien. Cet été, à l’Est, les barrières que l’on a dressées dans les Balkans ont également eu un impact très négatif. Elles bloquaient les flux, créant un
effet de masse. Tout cela sous l’oeil des médias et de l’opinion européenne. On en a presque oublié que les migrations vers l’Europe restent marginales et qu’elles passent essentiellement par le travail, les études et le regroupement familial. On estime qu’il y a, tous motifs confondus, 200 millions de personnes en mouvement dans le monde, dont 3 % seulement vont s’installer dans un pays du Nord.
 »

A propos des réfugiés syriens

Depuis le début de la guerre en 2011, 4 millions de Syriens ont fui leur pays. La moitié ont trouvé refuge en Turquie, 1,2 million au Liban et 630 000 en Jordanie. Grand comme le tiers de la Belgique et peuplé de 4,5 millions d’habitants, le Liban est proportionnellement le pays qui accueille le plus de réfugiés : pratiquement un pour quatre habitants.

De son côté, l’Union européenne comptait 270 000 réfugiés syriens en juillet 2015, soit 6 % de l’ensemble des migrants qui ont fui la guerre. Ils étaient les plus nombreux à demander refuge dans l’Union en 2014. Début 2015, ils venaient en second rang, devancés par les Irakiens.

Tags: Migrations

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