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50 milliards : le montant des travaux à réaliser pour endiguer la montée des eaux

Jean-François Pollet Jean-François Pollet
18 novembre 2015

Les 136 grandes villes côtières de la planète devront débourser 50 milliards de dollars (45,5 milliards d’euros) par an jusqu’en 2050 pour se protéger de la montée du niveau des mers liée aux changements climatiques.

"Beaucoup de villes côtières ressentent déjà les effets des changements climatiques, affirme Véronique Rigot, responsable du plaidoyer environnement au CNCD-11.11.11. Elles sont confrontées à l’érosion des côtes et à la salinisation des nappes phréatiques les plus proches de la mer. A marée haute, les villes des deltas sont également menacées d’inondations. Par ailleurs, les ouragans s’accompagnent de pluies de plus en plus dévastatrices. On l’a vu avec le typhon Hagupit qui a fait 1,2 million de sinistrés en décembre dernier aux Philippines. Et selon le GIEC, ces effets vont s’amplifier avec le temps.  »

Aussi, selon une étude publiée par la prestigieuse revue Nature Climate Change [1], les 136 grandes villes côtières de la planète vont devoir débourser 50 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 pour rehausser leurs digues et adapter leurs infrastructures à la montée du niveau des mers.
Les trois agglomérations les plus menacées à moyen terme sont Canton en Chine, Bombay et Calcutta en Inde.

Les Etats-Unis très exposés

De façon générale, les villes du Sud, qui sont confrontées à une forte poussée démographique, à la pauvreté et à un exode rural important, sont davantage exposées que les riches villes du Nord. Et pourtant, elles devront elles aussi débourser des
sommes folles pour se protéger. Il y va de leur survie. Toujours selon l’étude de Nature Climate Change, faute d’ambitieux travaux de protection, les villes côtières perdront, à l’horizon de 2050, la somme invraisemblable de 1 000 milliards de dollars par an [2].

La présence de Miami, New York et La Nouvelle-Orléans dans le top 10 des villes actuellement les plus exposées aux inondations rappelle que les Etats-Unis sont loin d’être épargnés par les désordres climatiques.
Après des années d’inertie, la première puissance économique mondiale a d’ailleurs créé la surprise cet été en annonçant un ambitieux plan énergétique. « Nous sommes la
première génération qui ressent l’impact du changement climatique. Nous sommes la dernière génération qui peut faire quelque chose à ce sujet
 », a argumenté le président Obama alors qu’il annonçait vouloir réduire, d’ici 15 ans, de 32 % les émissions US de dioxyde de carbone par rapport à 2005 [3].

« C’est un signal très positif, estime Véronique Rigot. Ce plan a le mérite de développer une vision énergétique claire à l’horizon 2030. C’est également un signal politique qui tombe de façon opportune avant le Sommet de Paris qui devrait conclure un nouvel accord international sur le climat. Il y a un gros bémol cependant : Obama termine son second mandat, il ne pourra appliquer lui-même ce plan. Ce sera alors le rôle de la société civile de rappeler ces engagements à son successeur.  ».

Tags: Climat

[1Future flood losses in major coastal cities (« Le coût des futures inondations pour les
grandes villes côtières »), étude réalisée sous la direction de Stéphane Hallegatte.

[2L ’étude estime que les inondations ont coûté 6 milliards de dollars (5,5 milliards
d’euros) aux agglomérations côtières en 2005 et que ces coûts seront multipliés par
10 en 2050, même si de grands travaux d’adaptation sont entrepris.

[3Le plan pointe du doigt le poids des 600 centrales au charbon dans les émissions
américaines de carbone. Il préconise d’augmenter la rentabilité des centrales électriques,
de préférer des centrales au gaz et de privilégier les énergies renouvelables
issues du soleil et du vent

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