×

Enfonçons le clou du travail décent

99.253 marteaux au Parlement belge !

« Ce matin, ce sont 99.253 marteaux qui ont enfoncé le clou du travail décent au Parlement belge !  »

Ce mardi 24 novembre à 11h30, la Coalition belge pour un travail décent a frappé fort ! C’est avec le slogan « Les travailleurs ne sont pas des outils, il est temps d’enfoncer le clou » que la Coalition milite pour un plus grand respect des droits des travailleurs au Nord comme au Sud.

99.253 marteaux au Parlement belge !

CNCD-11.11.11
https://www.youtube.com/watch?v=LYZhPghSSyI

Du coup ce matin, marteau et clou ont en effet cheminé vers mais aussi à l’intérieur du Parlement belge. Au propre comme au figuré. Le marteau de la coalition a enfoncé une nouvelle fois le clou du travail décent auprès du Parlement, et en particulier auprès de ses hauts représentants politiques que sont Patrick Dewael (Open-VLD) et Herman De Croo (Open-VLD). Ces derniers, accompagnés de quelques parlementaires MR, CD&V, SPa et Open-VLD [1], ont accueilli une délégation de la Coalition. Celle-ci, par la voix notamment d’Arnaud Zacharie, secrétaire Général du CNCD-11.11.11, s’est fait forte de rappeler que le travail décent est un instrument de réponse aux enjeux des crises globales (financière, climatique et alimentaire). Et que pour ce faire, il est un mot d’ordre : développer des mécanismes de régulation à l’égard des acteurs privés que sont les entreprises transnationales et les acteurs financiers internationaux. Et pour la Coalition, cela passe par une campagne politique autour de cinq clous essentiels et prioritaires sur lesquels nous attendons une réaction politique de la part des Parlementaires.

Quelle campagne ? La campagne « travail décent » s’adresse tant aux entreprises qu’aux responsables politiques. Elle s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale « decent work, decent life ». Elle a débuté le 7 octobre 2008 et continuera jusqu’au 7 octobre 2010, par le biais de différentes initiatives : actions de sensibilisation et pétitions… Cela afin de développer une base citoyenne qui renforce et appuie nos revendications auprès du monde politique.

Nous ? La coalition et ses organisations membres, soit une vingtaine, et non des moindres. En effet la coalition belge pour le travail décent est coordonnée respectivement du côté néerlandophone par 11.11.11, de Koepel van de Vlaamse Noord-Zuidbeweging, et du côté francophone par le CNCD-11.11.11, et compte parmi ses membres : les syndicats - CSC-ACV, FGTB-ABVV et CGSLB - et les ONG - Campagne Vêtements Propres, CADTM, CIRé, FOS, Solidarité Socialiste, GRESEA, Oxfam solidarité-solidariteit, Oxfam Magasins du Monde et Wereld Solidariteit-Solidarité Mondiale, Réso-J, le Monde selon les femmes et le Réseau financement alternatif. Nous ? c’est vous en fait ! C’est aussi et surtout les 99.253 personnes [2] qui ont apporté leur soutien en signant la pétition sur www.enfoncerleclou.be.

Quels clous ? Nous leur demanderons de traduire nos cinq revendications en mesures politiques concrètes en faveur du travail décent.

1. Une loi aux niveaux belge et européen sur la traçabilité sociale des entreprises présentes sur le marché belge, traçabilité remontant la chaîne de production et de sous-traitance, traçabilité permettant d’éclairer dans les conditions de production, de travail et donc le respect ou non du travail décent.

2. Des politiques européennes en faveur du travail décent, à commencer par la Stratégie de Lisbonne et en passant par la stratégie d’une « Europe compétitive dans le monde ».

3. Des accords commerciaux et d’investissements respectant le travail décent. Ainsi l’accord en cours de ratification au Parlement avec la Colombie est pour la Coalition inacceptable, en l’état et au vu de la situation générale de la Colombie, surtout eu égard à la violation systématique des droits sociaux.

4. Une réforme des Institutions Financières Internationales, de leur organisation et de leur politique, pour les faire coller avec la réalité du monde multipolaire actuel et leurs missions premières… à savoir la stabilité financière et le plein emploi.

5. Des mécanismes pour lutter contre la spéculation financière, aux niveaux européen et mondial. Comme la taxation sur les transactions financières internationales – ou Tobin – que la Belgique a d’ailleurs votée en juillet 2004 et que la Coalition entend voir à l’ordre du jour de la Présidence belge de l’UE.

Que retenir ? En termes généraux, on retiendra de l’échange que les Parlementaires sont ouverts à discuter des enjeux du travail décent. En particulier, cinq points sont à souligner.

1. Les Parlementaires entendent faire vivre la résolution « travail décent » approuvée le 16 juillet 2009 et surtout demander au Gouvernement des comptes sur le respect de cette résolution dans ses politiques. Le Gouvernement doit répondre au Parlement, semblent indiquer nos interlocuteurs quelque peu courroucés, que ce soit en termes d’informations à partager voire discuter au Parlement ou en termes d’infléchir ses politiques en fonction du travail parlementaire, à l’image de la résolution « travail décent ».

2. La question de la traçabilité sociale des entreprises agissant en Belgique a fait mouche. D’aucuns de se montrer prêts à en parler, voire à commencer à travailler pour évaluer quels mécanismes développer pour aller dans ce sens.

3. Les Parlementaires entendent cibler l’Europe comme levier pour le travail décent. Et en la matière, le sommet UE-Asie (octobre 2010), le sommet des NU sur les ODM (septembre 2010), la participation de l’UE au G20 (décembre 2010), rendez-vous qui se tiendront d’ailleurs tous sous la Présidence Belge de l’UE (juillet-décembre 2010), mais aussi et surtout le rôle du futur Président belge de l’UE sont pour les Parlementaires autant d’opportunités et de raisons pour ancrer solidement l’agenda du travail décent au niveau européen sur base d’un relais fort au départ de la Belgique … de son Gouvernement et de son Parlement.

4. Concernant l’accord d’investissement avec la Colombie, plusieurs choses ont été dites : il y a une résolution sur la Colombie en cours (entendez en attente d’être mise à l’ordre du jour des travaux parlementaires) ; il y a le rapport de la mission parlementaire d’octobre (qui doit encore être finalisé, présenté et discuté) ; et la Commission Affaires étrangères de la Chambre aura aussi un entretien avec l’Ambassadeur de Colombie à Bruxelles.

5. Tous reconnaissent aujourd’hui que la fenêtre d’opportunité de reparler de la taxation sur les transactions financières est réelle et que la loi belge sur la taxe Tobin donne à notre pays une raison de participer constructivement aux débats en cours, aux niveaux tant européen que mondial.
Quelles suites ? au-delà des contacts formels et informels qui suivront cette rencontre avec les Parlementaires intéressés et surtout sur les cinq points relevés ci-dessus et sur lesquels tout reste à faire, la Coalition a pris rendez-vous avec le Parlement belge : le 7 octobre 2010, journée mondiale pour le travail décent ! A cette date, la Coalition se fera forte de revenir à la charge auprès du Parlement belge et d’évaluer avec lui quelles sont les avancées et quel est le chemin qui reste à parcourir pour que le travail décent soit une réalité au Nord, comme au Sud. Pour que les travailleurs ne soient plus des outils.

[1Les Parlementaires présents étaient notamment : Patrick Dewael (Open-VLD), Herman De Croo (Open-VLD), Geert Versnick (Open-VLD), Bruno Tobback (SP.a), Roel Deseyn (CD&V), Stefaan Verkamer (CD&V), Jean-Jacques Flahaut (MR) et Xavier Baeselen (MR).

[2ce chiffre vient de l’addition des signatures récoltées à ce jour de plusieurs initiatives. En effet, OXFAM-Solidarité a récolté pendant l’été 2009, notamment sur les festivals, 16.832 signatures en faveur du travail décent. Les trois syndicats en front commun et leurs ONG sœurs, à savoir Solidarité Socialiste et Solidarité Mondiale, ont récolté depuis le 1er mai 2009 35.400 signatures en entreprises. Tandis que la Coalition a récolté via www.enfoncerleclou.be à ce jour 47.021 signatures. En bref et conclusion : un total de 99.253 signatures qui sont autant de marteaux pour continuer à enfoncer le clou du travail décent ! A noter : ces pétitions continuent jusqu’au 7 octobre 2010 !

Lire aussi

La baisse de la part des salaires
Géostratégo

La baisse de la part des salaires

La mondialisation néolibérale s’est accompagnée de la déformation du partage des revenus au détriment des salaires. Cette baisse de la part des salaires a des conséquences économiques et sociales négatives. C’est pourquoi le rééquilibrage du partage des (...)


  • Arnaud Zacharie

    3 mai 2019
  • Lire
Qui ? Alexandre Seron
Adresse Quai du Commerce, 9 - 1000 Bruxelles
Téléphone +32 250 12 30
Email cncd@cncd.be

Inscrivez-vous à notre Newsletter