Accord UE-États-Unis : des concessions européennes sans véritable réciprocité
Le 16 juin, le Parlement européen votera en séance plénière la proposition de règlement relative à l’ajustement des droits de douane et à l’ouverture de contingents tarifaires sur certaines importations en provenance des États-Unis. Ce vote s’inscrit dans la mise en œuvre de l’accord politique UE-États-Unis conclu le 21 août 2025, dans un contexte de tensions commerciales accrues et de mesures tarifaires unilatérales prises par l’administration américaine.
Pour la Plateforme belge pour un commerce juste et durable
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, tel qu’il est actuellement envisagé, ce cadre est profondément déséquilibré au détriment de l’Union européenne, tant sur le plan économique que réglementaire. Parmi ses principales préoccupations figurent :
- Un accord inégal et peu réciproque : l’UE s’engage à ouvrir largement son marché, tandis que les États-Unis maintiennent, voire augmentent, des droits de douane significatifs sur des secteurs clés européens, notamment l’acier et l’aluminium.
- Des concessions préoccupantes sur les normes européennes : l’accord prévoit des ajustements potentiels de législations essentielles (notamment du Pacte vert), ce qui menace les standards sociaux, environnementaux et sanitaires européens.
- Une perte d’autonomie stratégique : les engagements en matière d’investissements et d’approvisionnement énergétique renforcent la dépendance de l’UE vis-à-vis des États-Unis, au détriment du développement de ses propres capacités.
- Des risques importants pour certains secteurs : agriculture et industrie européennes pourraient subir une concurrence accrue, avec des effets à la baisse sur les revenus, les conditions de travail et les normes.
- Des garanties insuffisantes : les mécanismes de protection initialement envisagés (conditionnalité, suspension, clause d’extinction) ont été considérablement affaiblis dans le texte final.
Face à ces enjeux, la Plateforme Commerce appelle à repenser les relations commerciales transatlantiques afin de garantir qu’elles soient justes et durables, et formule à ce titre plusieurs recommandations :
- Refuser un accord inégal et exiger une véritable réciprocité dans les relations commerciales avec les États-Unis ;
- S’opposer à toute concession affaiblissant les normes européennes et, au contraire, renforcer les cadres réglementaires en matière sociale, environnementale et numérique ;
- Rejeter les engagements d’investissements massifs aux États-Unis et privilégier leur réorientation vers les priorités stratégiques de l’Union ;
- S’opposer à ce règlement s’il ne respecte pas pleinement le droit international ;
- Renforcer l’autonomie stratégique européenne, en particulier dans les domaines énergétique, industriel, alimentaire et numérique.

