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Aide au développement : des années de promesses non tenues

18 décembre 2017

Consacrer 0,7% du PIB à l’aide au développement. La communauté internationale en parle depuis 50 ans, la Belgique s’y est engagée légalement en 2002… mais nous sommes plus loin que jamais de l’objectif, qui fait pourtant partie des Objectifs de développement durable des Nations Unies qui sont censés être atteints à l’horizon 2030.

Dès 1970, l’Assemblée générale des Nations Unies a fixé l’objectif international de consacrer 0,7% du revenu national brut (RNB) des pays développés à l’aide publique au développement (APD). Un objectif certes aujourd’hui atteint par plusieurs pays (tels que les pays scandinaves, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou le Luxembourg), mais loin d’être atteint par d’autres (comme la Belgique). Ainsi, en 2016, l’APD mondiale représentait en moyenne 0,32% du RNB des pays donateurs – soit moins de la moitié de l’objectif des 0,7%.

En 2002, la Belgique a semblé prendre le taureau par les cornes, et s’est engagée légalement à consacrer 0,7% de son Revenu national brut (RNB) à l’APD. Elle y est presque parvenue sous le gouvernement Van Rompuy : l’aide belge représentait 0,64% du RNB en 2010. Pourtant, depuis lors, l’aide belge ne fait que diminuer, et la tendance s’est accrue sous le gouvernement Michel, qui a fait de la solidarité internationale une de ses principales variables d’ajustement budgétaire.

Après un premier plan de coupes budgétaires d’un montant estimé à 900 millions EUR sous le gouvernement Di Rupo, un deuxième plan d’économie a été décidé par le gouvernement Michel pour un montant cumulé de 1,125 milliard EUR – auquel se sont ajoutés, depuis le début de la législature, des coupes budgétaires additionnelles d’un montant cumulé de près de 450 millions EUR.

Alors que ces restrictions budgétaires ont déjà entraîné une baisse importante des moyens disponibles pour financer les programmes gouvernementaux et non-gouvernementaux, de nouvelles coupes sont prévues par le gouvernement Michel, qui avait prévu en début de législature une croissance linéaire de ces coupes budgétaires, allant de 150 millions EUR en 2015 à 290 millions EUR en 2019.

En 2019, en fin de législature, on s’attend à ce que la Belgique ne consacre plus que 0,38% du RNB à l’aide, soit à peine plus de la moitié de son engagement historique et un retour dix ans en arrière – lorsqu’un jeune ministre de la Coopération, Charles Michel, avait qualifié de « catastrophique » le montant de l’aide belge, qui est pourtant celui que s’apprête à atteindre son gouvernement.
De telles réductions budgétaires mettent en péril les capacités de la Coopération belge de répondre efficacement aux enjeux du développement durable.

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