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Aide publique belge au développement, rapport 2013

12 septembre 2013

L’année écoulée fut à nouveau marquée par la crise économique et les politiques d’austérité engendrant des réflexes de repli sur soi.

Sur le plan international, les montants alloués à l’aide au développement ont continué de baisser et la Belgique n’a pas été en reste, puisqu’elle a enregistré une baisse de 19 % entre 2011 et 2012, ainsi que des coupes de 75 millions EUR en 2013 et de 125 millions EUR en 2014. Le Gouvernement belge a donc décidé de faire porter une part du fardeau de la consolidation budgétaire par les populations les plus pauvres du monde et ce, en contradiction avec les engagements de la Belgique de consacrer chaque année 0,7% de
son revenu national brut à l’aide publique au développement. En outre, l’« aide fantôme » a augmenté pour représenter près de 28% de l’aide belge en 2012.

La baisse des budgets implique de redoubler d’efforts en termes d’efficacité. Or, alors que la plupart des engagements de la Déclaration de Paris de 2005 pour améliorer l’efficacité de l’aide n’ont pas été tenus, la communauté internationale semble abandonner progres-
sivement l’idée d’un agenda ambitieux en la matière. En Belgique, où 70% de l’aide bilatérale directe a pour destination les pays les plus pauvres du monde, il est impératif de mettre à jour la vision et les stratégies pour un meilleur alignement et une meilleure harmonisation de l’aide. La nouvelle Loi relative à la coopération au développement
constitue un nouveau cadre, mais plusieurs arrêtés d’application sont encore à adopter pour en concrétiser le potentiel.

La montée en puissance de la coopération Sud-Sud, dont l’approche holistique considère l’aide comme un catalyseur d’autres flux de financements privés, et la propension croissante des bailleurs traditionnels à intégrer le secteur privé dans les politiques de
coopération au développement, dans le contexte d’austérité budgétaire, renforce la nécessité de garantir la cohérence des politiques en faveur du développement (CPD).

Il est à cette aune remarquable que la Coopération belge ait fait de la cohérence des politiques un axe prioritaire de sa stratégie. Toutefois, l’insuffisance des moyens humains à disposition de la DGD constitue un frein dans un contexte politique où l’organisation d’une conférence interministérielle est remise en cause par la Région flamande. Par
ailleurs, plusieurs décisions d’autres départements fédéraux ont clairement été incohérentes avec les objectifs de développement.
En définitive, le bulletin de l’aide publique belge au développement donne une image mitigée, avec des avancées considérables, comme l’adoption de la Loi sur la coopération belge au développement ou la rédaction de notes stratégiques pour l’intervention dans les
pays à revenu intermédiaire et dans les États fragiles, mais aussi de gros points noirs, à commencer par la baisse continue de l’aide, son manque de prévisibilité et l’absence de cadre formel et systématique de consultation de la société civile pour l’élaboration des stratégies communes.

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