Communiqué de presse

Alors que le débat fait rage en Belgique, les Philippines accueillent le Forum Mondial sur les Migrations et le Développement

Alors que le débat fait rage en Belgique, les Philippines accueillent le Forum Mondial sur les Migrations et le Développement

Aujourd’hui s’ouvrent les journées parallèles de la société civile, dans le cadre du 2e Forum Mondial sur les Migrations justice migratoire
migrations
et le Développement organisé par les Philippines du 27 au 30 octobre 2008.

Alors que le débat fait rage sur l’urgence de trouver une solution durable pour les sans-papiers en Belgique, mais également dans plusieurs pays européens ; alors que l’Europe, menée par la France, adopte un pacte sur l’immigration aux objectifs de gestion sécuritaire et de sélection ; le thème proposé pour ce Forum devrait donner l’occasion d’aborder les fondamentaux des politiques migratoires : « Protéger et renforcer la capacité des migrants pour le développement ». En juillet 2007, la Belgique prenait en charge l’organisation du premier Forum Mondial sur les Migrations et le Développement, voulant donner un signal sur son engagement dans la dynamique de dialogue informel international pour une gestion concertée des migrations. Mais la prépondérance du volet économique sur ceux des droits humains avait été dénoncée dans l’approche retenue en 2007. A cet égard, l’absence de mesure politique en Belgique pour la régularisation de milliers de personnes sans papiers, alors même que l’accord gouvernemental initial le prévoyait, relève des mêmes limites de l’ « approche économique ».

Pour les organisations membres organisations membres
ONG membres
du Groupe de Travail Migrations et Développement coordonné par le CNCD-11.11.11, la concertation internationale sur la question des migrations et du développement, si elle ne pose pas la question du partage inégal des ressources et du creusement des inégalités entre le Nord et le Sud, et à l’intérieur des Nord et des Sud, est une dynamique vouée à l’échec. Tant que les politiques économiques et commerciales continueront d’entraver le développement socio-économique des pays en développement et d’appauvrir la majorité de leurs populations, aucune politique de coopération au développement et aucune « politique de migration sécuritaire » ou de « migration choisie », ne pourra arrêter le mouvement des personnes à la recherche d’une vie décente.

Si une approche globale de la migration est nécessaire, il est important de distinguer et de ne pas rendre conditionnels la gestion des flux migratoires et le rôle et les impacts de la coopération au développement des pays les moins avancés. A ce titre, le Groupe de Travail Migrations et Développement demande qu’une distinction claire soit faite entre les instruments financiers destinés à la coopération avec les pays tiers en matière de gestion et de limitation des flux migratoires vers l’Union européenne, et ceux visant la coopération au développement.

Dans un contexte politique international empreint à l’échec du modèle et des politiques de développement dominants, confirmant des inégalités croissantes ;

Parce que les propositions politiques actuelles visent une gestion des flux migratoires focalisée sur l’approche sécuritaire ;

Parce que des liaisons dangereuses entre les politiques de migration et la coopération au développement sont faites ;

Nous tenons à faire part de nos craintes et recommandations à l’endroit des Ministres en charge de l’immigration et de la Coopération au Développement des gouvernements partis au FMMD qui vont se réunir dans les jours qui viennent à Manille.

Les enjeux des migrations et du développement