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Amérique centrale : former pour renforcer les organisations apicoles

Benoît Olivier Benoît Olivier
10 septembre 2013

Appuyer la production et la commercialisation du miel ne peut produire l’impact social recherché que si l’organisation des producteurs est dotée d’une bonne cohésion interne et est capable de décider par elle-même dans quelle direction elle veut évoluer. C’est pourquoi elle organise des formations pour des organisations apicoles centraméricaines, avec le soutien de l’Opération 11.11.11.

Ils sont 30 participants, issus de 10 organisations apicoles et de 4 pays différents (Mexique, Guatemala, Honduras et Salvador). Ils sont tous présents pour assister à cette première session de formation. Après de lourdes démarches pour obtenir leurs visas, certains ont voyagé jusqu’à 29 heures pour arriver et les autres, en moyenne, 15 heures. Maintenant, ils sont tous là, au centre de formation d’Ecosur, à Tapachula, au Mexique, tout près de la frontière avec le Guatemala.

Leur motivation est grande : « C’est un rêve qui se réalise car je n’avais jamais rencontré autant d’autres organisations d’apiculteurs ni quitté mon pays », nous confie Elias. Et Crisanto de surenchérir : « Cela fait 15 ans que je suis des formations à droite à gauche et c’est la première fois que nous abordons des thèmes organisationnels, de façon aussi profonde ». Qu’est-ce donc qui les attire ainsi ? Comment expliquer que leur enthousiasme n’ait pas faibli, tout au long de ces 4 modules de formation, d’une semaine chacun, qui se sont succédé de juillet 2011 à janvier 2012 ?

Fort d’une longue expérience d’appui à des coopératives apicoles au Mexique et en Amérique centrale, l’ONG belge Miel Maya Honing est arrivé à la conclusion que l’appui à la production et à la commercialisation du miel, que ce soit dans le cadre du commerce équitable ou sur le marché local, ne pouvait produire l’impact social recherché que si l’organisation des producteurs était dotée d’une bonne cohésion interne et était capable de décider par elle-même dans quelle direction elle voulait évoluer. Il ne suffit pas, pour cela, de répondre au cahier des charges d’un certificateur ou de remplir une demande de subsides ! Comment l’organisation analyse-t-elle son passé, sa situation présente ? Quel avenir veut-elle ? Telles sont les questions posées, d’emblée, aux participants à ce cycle de formation.

Introspection et participation

Il n’a pas toujours été facile, pour les participants, de faire ce travail d’introspection sur leur propre organisation et d’identifier les faiblesses de celle-ci : manque de contrôle interne, de règlement et de statuts clairement définis, connus par tous ; absentéisme dans les réunions ; transmission insuffisante de l’information en interne ; faible participation des femmes et des jeunes aux prises de décision ; difficultés pour s’engager dans un projet à long terme et manque de formation des dirigeants.

Un apiculteur centraméricain . Un apiculteur centraméricain

La méthode utilisée dans ce processus de renforcement a été une méthode participative, basée sur la construction horizontale de la connaissance, en partant des savoirs académiques et culturels des participants et des intervenants. Le travail sous forme d’ateliers et les dialogues constructifs ont été privilégiés.

Fin janvier 2012, à Perquin au Salvador, tous les participants ont reçu un diplôme, confirmant leur participation aux quatre sessions de formation mais aussi qu’ils ont bien fait leur travail de transmission des connaissances acquises au sein de leur organisation, via des réunions de restitution, ou replicas. Car le but n’était pas seulement de former des individus, mais d’impulser un processus de réflexion au sein même de l’organisation apicole. C’est pourquoi ces 4 sessions de formation sont suivies de 2 autres, l’une qui a eu lieu en août 2012 et l’autre, la dernière, qui est prévue au Guatemala, dans le Peten, en octobre 2013. Lors de cette dernière session, les participants vont présenter les résultats du plan d’amélioration que leur propre organisation a élaboré et réalisé ! «  Je n’avais pas confiance en moi ni en mes compétences, témoigne Angel, de l’organisation Apicor au Honduras. Aujourd’hui je me sens plus fort et j’ai envie de partager ce que j’ai appris au sein de mon organisation ».

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