Après l’attaque illégale contre le Venezuela, le respect absolu du droit international doit nous unir

New York : Les mots préambulaires de la Charte des Nations Unies exposés au Siège de l'ONU, à New York
New York : Les mots préambulaires de la Charte des Nations Unies exposés au Siège de l’ONU, à New York
© ONU/Mark Garten

L’attaque militaire des États-Unis contre le Venezuela constitue une violation manifeste du droit international. En s’abstenant de la condamner fermement, l’Union européenne affaiblit non seulement l’ordre juridique international, mais aussi sa propre sécurité. Face à la normalisation de la loi du plus fort, le respect du droit doit redevenir notre boussole collective.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier derniers, le président des États-Unis a ordonné à son armée de bombarder le Venezuela, de manière doublement illégale (au regard du droit international et de celui de son propre pays), pour s’emparer du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et de son épouse, mais aussi avec l’objectif affiché de prendre le contrôle de ce pays et de son économie. Les heures qui ont suivi ont entraîné des réactions timorées de la plupart des responsables politiques de l’Union européenne, commençant souvent par saluer la chute d’un président illégitime, avant de se borner à rappeler de manière théorique la nécessité de respecter le droit international, sans exprimer de condamnation ferme de cette violation flagrante de la Charte des Nations Unies.

Certes, le président Nicolás Maduro était devenu triplement illégitime, le régime vénézuélien s’étant rendu responsable de violations massives des droits humains, les élections de 2024 ayant fait l’objet de fraudes massives par le pouvoir en place, et une gestion économique catastrophique aggravée par les sanctions internationales, ayant entraîné le Venezuela dans une gigantesque crise humanitaire, jetant sur les routes de l’exil près de huit millions de personnes.

Cependant, aucun de ces éléments ne permet de justifier l’utilisation unilatérale de la force. La Charte des Nations Unies n’a pas été construite par hasard, elle l’a été sur les cendres de deux guerres mondiales. Elle a été rédigée pour « réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix [1] ».

Or, nous assistons depuis le retour au pouvoir du président Trump, à un basculement extrêmement grave pour le droit international. Comme la souligne la professeure de droit international Anne Lagerwall [2], ce basculement n’a pas tant trait aux violations dont il fait l’objet qu’à la normalisation de ces dernières.

Le droit international, comme toute norme juridique, n’a jamais été conçu dans l’illusion qu’il ne serait jamais enfreint. Il a été pensé comme un repère commun, permettant à la communauté internationale de rappeler les règles, d’exiger des comptes et, le cas échéant, de recourir à des sanctions pour ramener le contrevenant dans le cadre du droit.

En refusant de condamner fermement l’agression américaine contre le Venezuela, nos responsables politiques mettent gravement en danger notre propre sécurité. La suite des événements l’a d’ailleurs prouvé : fort du succès de cette opération, le même président des États-Unis a réitéré, le 5 janvier, sa volonté d’annexer le Groenland, pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne. Et ce, en n’écartant pas la possibilité de l’utilisation de la force armée.

Les conséquences pour les pays les plus vulnérables, en particulier les pays en développement, seront d’autant plus graves. Or, l’Union européenne participe à cette dynamique, par son incapacité à prendre des mesures à la hauteur des violations graves du droit international humanitaire commises en Palestine, en République démocratique du Congo, ou encore au Yémen, et ce alors même qu’elle appelle le monde à s’unir contre l’agression russe en Ukraine. Cette incohérence contribue à discréditer l’UE vis-à-vis de la majorité des autres États.

Face à la loi du plus fort, le droit constitue notre première ligne de défense collective. Se protéger commence par respecter le droit soi-même et par sanctionner ses violations sur la base de règles communes et uniformément appliquées, y compris vis-à-vis des contrevenants les plus puissants.
C’est là le fondement même de nos sociétés démocratiques : la primauté du droit sur la force. C’est en respectant le droit en toutes circonstances — y compris face aux crimes les plus graves — que l’on acquiert la légitimité nécessaire pour punir leurs auteurs. Remettre ce principe en cause, c’est fragiliser l’ordre international construit progressivement depuis deux siècles et ouvrir la porte à une spirale de violences qui, aujourd’hui, n’a plus rien de théorique.

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