Asile : avec une note 1/10, la Belgique mérite de se faire tirer les oreilles
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Relocalisation des demandeurs d’asile

Asile : avec une note 1/10, la Belgique mérite de se faire tirer les oreilles

Ce mardi 16 mai, la Commission européenne a présenté son 12e rapport sur l’avancement des relocalisations et réinstallations des demandeurs d’asile. Résultat : à quelques mois de l’échéance, en septembre 2017, la quasi-totalité des Etats membres de l’UE est loin d’avoir atteint les objectifs fixés en juillet 2015. Après 20 mois, 12% des relocalisations promises ont été mises en oeuvre : 18.418 personnes sont concernées sur les 160.000 visées.

Pour Nicolas Van Nuffel, responsable du plaidoyer politique au CNCD-11.11.11, « le partage de la prise en charge des demandeurs d’asile était l’une des rares avancées obtenues en faveur de la justice migratoire, au cœur de la crise humanitaire de 2015. Relocaliser 160.000 êtres humains en demande de protection, est-ce tellement impossible pour un continent qui compte 500 millions d’habitants ? »

Certains pays particulièrement réfractaires tirent les statistiques vers le bas. La Commission européenne pointe les cas de la Hongrie, de la Pologne, de l’Autriche et de la Tchéquie, qui n’ont jamais assumé leurs engagements. Mais la Belgique est loin d’être un exemple : à ce jour, elle a relocalisé 551 demandeurs d’asile arrivés en Europe via la Grèce et l’Italie. Soit 14% de son engagement initial, c’est-à-dire, la prise en charge de 3.812 relocalisations.

La Belgique a relocalisé 551 demandeurs d’asile arrivés en Europe via la Grèce et l’Italie. Soit 14% de son engagement initial.

Il y a quelques semaines, le secrétaire d’Etat aux Migrations, M. Theo Francken déclarait à la presse, pour défendre le développement des centres fermés : « Quand j’étais jeune et que je ramenais une note de 4/10 à la maison, mon père me tirait les oreilles. » Avec une note à peine supérieure à 1/10 en matière de solidarité, on peut se demander ce que le gouvernement belge attend pour réagir. Il est en tout cas urgent de relancer l’impulsion en la matière.

« Mettre en œuvre nos engagements en termes de relocalisation n’est pas seulement un impératif légal, puisque la Belgique s’y est formellement engagée comme la plupart des Etats membres de l’UE. C’est aussi le minimum que l’on peut attendre en termes de solidarité internationale. A force de s’enfermer dans le repli sur soi, l’Europe finit par oublier les valeurs qui ont présidé à sa création. La situation actuelle ne pourra se résoudre que par l’ouverture de plus de voies légales d’accès au sol européen, une solidarité entre les Etats membres, ainsi qu’une action en profondeur pour lutter contre les grandes inégalités et conflits mondiaux, qui poussent des gens à quitter leur pays contre leur volonté  », analyse Cécile Vanderstappen, chargée de recherche au CNCD-11.11.11.

Le CNCD-11.11.11 est la coupole de 85 organisations actives dans la solidarité internationale en Belgique francophone. Il coordonne actuellement la campagne pour la Justice migratoire, qui a pour objectif de lutter contre les préjugés à propos des migrations et les personnes migrantes, d’obtenir la mise en place de voies sûres et légales d’accès au sol européen et de lutter contre les dimensions plurielles et structurelles de migrations non désirées.

SAVE THE DATE

Manifestation euro-africaine pour la justice migratoire
Arts-Loi / Rue de la Loi, Ville de Bruxelles
13/12/2017

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