Au Bangladesh, la formation et l’accès au droit sont des moteurs de transformation
Au Bangladesh, des millions de personnes font face à des conditions de vie fragiles, aggravées par l’instabilité économique, les effets du changement climatique
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et la précarité de l’emploi.
Issue d’une famille modeste, Shilpy Akter ne pensait pas pouvoir poursuivre ses études au-delà de l’école secondaire. Mais l’accès à la formation pourvu par Gonoshasthaya Kendra, partenaire de We Social Movement (WSM), a changé le cours de sa vie. Au terme d’une formation paramédicale, elle a travaillé à l’amélioration de la santé communautaire et la santé des travailleurs et travailleuses de l’industrie textile. Elle a ensuite accompagné les accouchements et amélioré la prise en charge des femmes avant et après la naissance de leur enfant. Aujourd’hui, elle termine une formation d’infirmière et poursuit des études universitaires.
Le parcours de Shilpy Akter témoigne de l’action des partenaires locaux de WSM, qui mettent tout en œuvre pour ouvrir des perspectives professionnelles, en particulier pour les femmes et les jeunes.
Les retombées de ces parcours dépassent largement la réussite personnelle de celles et ceux qui bénéficient d’un coup de pouce. Grâce à son revenu, Shilpy Akter a pu faire réparer la maison familiale, financer la scolarité de ses frères et sœurs, aider son père à développer une activité stable et acheter un terrain. « Je suis fière de pouvoir me définir comme infirmière. Ce rêve semblait inaccessible. Grâce au soutien reçu, j’ai pu transformer ma vie et contribuer à améliorer la santé de ma communauté », commente-t-elle.
Loin d’être un exemple isolé, le cas de Shilpy Akter met en lumière l’effet démultiplicateur de l’investissement dans les compétences : lorsqu’une femme accède à une formation et à un emploi digne, elle renforce sa famille, améliore la santé de sa communauté et participe à construire un avenir plus équitable.
Mais au Bangladesh, la transformation sociale ne passe pas uniquement par l’accès à la formation. Elle repose aussi sur la capacité des travailleurs et travailleuses à faire valoir leurs droits. C’est donc ce à quoi s’attellent les partenaires de WSM.
Alors que les femmes constituent la grande majorité des quatre millions de travailleur·reuses du secteur textile, elles peinent encore à y faire respecter leurs droits. Sharmin Akter en a fait l’amère expérience. Employée dans une usine textile, elle a vu sa grossesse devenir un motif de discrimination. Accompagnée par la Fédération nationale des travailleurs et travailleuses du textile (NGWF), elle a mené un long combat juridique avant d’obtenir les indemnités prévues par la loi.
Son histoire rappelle une réalité essentielle : sans organisations capables d’informer, défendre et accompagner les travailleurs et travailleuses, leurs droits sont bien souvent bafoués.
Des résultats qui touchent des centaines de milliers de personnes
Le soutien aux partenaires locaux de WSM produit des résultats significatifs : plus de 300 000 personnes ont eu accès à des services de santé communautaires ; plus de 200 000 travailleurs ont bénéficié de services favorisant leur accès à la sécurité sociale ; près de 200 000 personnes ont été accompagnées dans la promotion des droits du travail ; quelque 1,5 million de travailleurs et travailleuses du textile sont aujourd’hui couverts par le premier programme d’assurance contre les accidents du travail dans ce secteur.
Au-delà de ces avancées, le plaidoyer mené par les partenaires bangladais de WSM contribue à transformer durablement les politiques publiques. Il a ainsi favorisé l’adoption de réformes majeures, parmi lesquelles un système universel de pension, l’extension des protections liées à la maternité et de nouvelles garanties pour les travailleur·reuses du textile.
