Au Nord-Mali, le succès d'un projet d'agro-écologie est une source d'espoir
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Au Nord-Mali, le succès d’un projet d’agro-écologie est une source d’espoir

Gao, au Nord du Mali. La localité est surtout connue chez nous pour être un foyer de violence entre l’armée malienne et des milices islamistes. Dans cette région semi-désertique, beaucoup de jeunes sont poussés sur les dangereuses routes de l’exil, faute de perspectives économiques. Le beau succès d’un projet soutenu par l’Opération 11.11.11 est une source d’espoir.

Des rendements élevés avec des techniques écologiques dans une région semi-désertiques proche du Sahel, impossible ? L’Union des groupements maraîchers (UGM) de Gao prouve le contraire. Ce groupement de maraîchers, créé en 2003, bénéficie d’un soutien de l’ONG Autre Terre et des fonds de l’Opération 11.11.11.

Les 22 associations membres sont des groupements maraîchers composés chacun d’environ 30 personnes (majoritairement des femmes). Grâce à l’appui de l’UGM, ces associations peuvent diversifier leur production, améliorer leurs techniques agroécologiques, reboiser leurs parcelles (palmiers-dattiers, arbres fruitiers, arbres d’ombrage), renforcer leurs cultures fourragères, produire leurs propres semences…

L’UGM soutient également le renforcement de ses associations membres en termes de gestion administrative, comptable et associative. Des formations en alphabétisation, gestion et comptabilité permettent aux associations d’avoir une vie associative dynamique et démocratique. Les femmes y prennent ainsi davantage de responsabilité.

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Après plus de 10 ans de partenariat, l’UGM a réussi à se positionner en association de référence sur les questions agroécologiques et de semences paysannes dans le nord-Mali. Les 22 associations membres de l’UGM sont désormais complètement autonomes en termes de production. Elles gèrent collectivement 28,6 hectares (21,9 pour le maraichage et 6,7 pour
l’arboriculture) de terres qui ont produit en 2016, 689 tonnes de légumes (soit environ 23 tonnes à l’hectare) et 69,17 tonnes de fruits. Cette production est rendue possible grâce au bon approvisionnement en eau, à la planification de plus en plus professionnelle des rotations, de la répartition du sol et du suivi. La production 12 mois sur 12 est une réalité pour 21 associations sur les 22. Malgré cette culture intensive, les rendements ne baissent pas grâce à l’adjonction moyenne annuelle de 1,5kg de compost par m2 de culture. Toutes les semences sont désormais produites localement ainsi que les pesticides biologiques.

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Arriver à un tel niveau de professionnalisation de la production maraîchère a été rendu possible grâce à un renforcement continu des producteurs (suivi hebdomadaire) au niveau technique mais aussi organisationnel. Chaque groupement tient désormais des rencontres périodiques pour déterminer son choix de culture, planifier sa production, réinvestir et redistribuer ses gains.
Au niveau du renforcement du couvert végétal, 800 palmiers dattiers ont été plantés depuis le début du suivi de ces associations partenaires. Ces palmiers dattiers auront un impact économique (production de datte estimée à 100kg par palmier une fois arrivé à l’âge adulte) et environnemental (renforcement du couvert végétal propice à la création d’un microclimat) très important.

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Les impacts à long termes sont désormais nombreux au niveau de l’UGM :

  • 37 femmes déclarent cultiver leur propre jardin (en plus donc des 28ha exploités par l’UGM) d’une surface moyenne de 400m2 chacun ;
  • 317 membres de l’UGM déclarent avoir acheté 1 à 3 têtes de bétail et lancé un projet d’aviculture grâce aux revenus issus du maraîchage. Cet élevage sert à la fois d’épargne en cas de coup dur et génère également des revenus complémentaires non négligeables. Il facilite également la production de compost
  • 26 groupements locaux se sont ainsi lancés d’eux-mêmes dans l’agroécologie grâce à l’exemple des associations membres de l’UGM et ont sollicité son accompagnement ;
  • Grâce à l’arrêt de l’usage d’intrants chimiques coûteux et importés, les producteurs réalisent des économies importantes sur leurs coûts de production. Ainsi selon nos estimations, 1 ha de culture demanderait 30% de dépenses en moins (intrants chimiques, semences) lorsque celui-ci est cultivé en agroécologie.

A partir de 2017, l’UGM se lance un nouveau défi en décidant d’accompagner 35 nouvelles associations dans la région d’Ansongo (voisine de Gao). Pour ce faire, il s’appuiera sur l’expérience acquise par ses 22 associations membres qui seront impliquées dans le renforcement de capacités des 35 nouvelles associations.

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Avec l'Opération
11.11.11

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