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Au Pérou, contre l’esclavage domestique

11 février 2019

Au Pérou, comme dans les autres pays d’Amérique latine, des milliers de jeunes femmes pauvres ne trouvent pas d’autre travail que celui de domestique dans des familles fortunées. Cette situation les rend très vulnérables et favorise les abus de la part des familles qui les emploient. Certaines sont tout simplement traitées comme des esclaves. L’association IPROFOTH les aide à défendre leur droit et à lutter contre l’exploitation. Grâce à vos dons, l’Opération 11.11.11 peut soutenir ce travail.

Au Pérou, 96 % des travailleurs domestiques sont des femmes (elles seraient au nombre de 406.000 au grand minimum selon les statistiques).

Au départ, il s’agit le plus souvent de jeunes filles fuyant la pauvreté des campagnes pour rejoindre les grandes villes, et principalement Lima, où vivent les familles les plus fortunées.

Plus d’une jeune fille sur deux commence à travailler comme domestique avant l’âge légal, qui est de 14 ans. La majorité d’entre elles n’ont pas de contrat de travail écrit, ce qui les rend invisibles aux yeux des autorités.

Les travailleuses domestiques sont obligées de travailler sans relâche. A peine 15% d’entre elles gagnent le salaire minimum légal (950 soles par mois soit environ 240 euros). Les autres gagnent juste de quoi survivre et certaines ne sont même pas payées ! Beaucoup n’ont pas droit à des congés malgré le congé dominical légal. Cela les empêche évidemment d’aller à l’école - ce qui pour les plus jeunes créée un handicap de taille car elles ne maîtrisent ni la lecture ni l’écriture ou encore affecte le temps qu’elles peuvent passer avec leurs enfants.

Que font les autorités face à cette situation ? Elles ne disposent pas des ressources suffisantes pour détecter les abus commis dans les foyers où sont employées les travailleuses domestiques. C’est d’autant plus vrai que la majorité des travailleuses domes- tiques n’ont pas de contrat écrit.

Face à cette situation, IPROFOTH, une association fondée par des travailleuses domestiques elles-mêmes, offre un accompagnement juridique et social. Elle les aide à défendre leurs droits à des conditions de travail décentes, à un salaire équitable et à la protection sociale.

Chaque année, elle forme et accompagne ainsi 300 jeunes filles et femmes à revendiquer des conditions de travail décentes et à valoriser leur travail en tant qu’employées de maison.

Elle offre aussi un précieux soutien psychologique. Cet apport émotionnel est extrêmement important car de nombreuses travailleuses, notamment en raison des maltraitances qu’elles ont vécues, ont une très faible estime d’elles-mêmes.

  (Crédit : © Christophe Smets )

L’association offre un service très apprécié de garderie, pour ces femmes accaparées par un travail harassant.

Tout est mis en oeuvre pour éviter que les femmes et leurs jeunes enfants ne pâtissent de leurs situations précaires.

La garderie et le lieu d’accueil des femmes ont besoin d’une rénovation urgente. Les femmes s’y impliquent totalement car elles participent à la récolte de fonds pour ce projet. Elles cuisinent des plats typiques qu’elles vendent le dimanche. Mais elles ne peuvent pas assurer l’entièreté des coûts et dépendent de soutiens extérieurs.

IPROFOTH est également très active dans le plaidoyer et constitue une organisation reconnue et écoutée par les autorités (elle siège notamment à la table des discussions sur les travailleuses domestiques organisées par Ministère du Travail). Elle a été à la base de la création du syndicat des travailleuses domestiques au Pérou et forme de nombreux leaders qui par la suite assument des rôles de leadership dans le mouvement syndical des travailleuses domestiques au niveau national et international.

Avec son ONG membre Entraide et Fraternité, le CNCD-11.11.11 soutient IPROFOTH et de nombreux autres projets similaires en Amérique latine et en Afrique.

En donnant à l’Opération 11.11.11, vous contribuez à cet effort collectif pour que les droits de toutes et tous, et surtout des plus faibles, soient mieux respectés.

Chaque don compte.

Maria, maltraitée, a revendiqué ses droits et regagné confiance en elle

Maria : « Ils me maltraitaient tout le temps. Ils me frap- paient et ont abusé sexuellement de moi. Ils me criaient dessus et me disaient que je ne faisais pas assez alors que je travaillais 12 heures par jour. Je ne gagnais pourtant presque rien. J'ai vraiment beaucoup souffert. »  (Crédit : © Christophe Smets )

A l’âge de 12 ans, Maria a fui sa ville natale pour la capitale, Lima, à la recherche d’une vie meilleure mais également pour aider sa famille restée à la campagne. Rapidement, elle est engagée comme travailleuse domestique. La famille qui l’emploie lui promet – oralement - un salaire décent, la possibilité d’aller à l’école, et même un soutien en cas de besoin. La réalité sera cependant, comme souvent pour les filles engagées comme travailleuses domestiques, bien dif- férente. Obligée de travailler plus de 12 heures par jour et 7 jours sur 7, Maria ne gagnera pour tous ces efforts qu’un salaire de misère bien inférieur au salaire minimum légal. Maria subira en outre de nombreuses maltraitances tant physiques que mentales.

Maria a suivi un accompagnement complet au sein d’Ipro- foth. Elle a suivi les différentes formations (estime de soi, connaissance de ses droits, ...). Elle s’est également for- tement impliquée dans les actions de revendication pour le respect des droits des travailleuses domestiques. Son implication a été si forte qu’elle fait partie aujourd’hui du comité directeur de l’association.

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