Budget fédéral pour la coopération au développement

On sauve des vies ou on les abandonne ?

« Un budget, c'est un choix de société ». Stop aux coupes dans la coopération internationale
« Un budget, c’est un choix de société ». Stop aux coupes dans la coopération internationale
© Ann-Do Rakotonirina-Hess

Le mardi 14 juillet, les ONG belges de coopération au développement ont interpellé le gouvernement Arizona. En amont des négociations budgétaires, elles l’ont appelé à cesser les coupes et à refinancer la coopération au développement, en faisant un choix qui dépasse la simple arithmétique budgétaire : celui de sauver des vies, ou de les abandonner.

Un budget n’est jamais un simple tableau de chiffres. C’est un choix de société. Et celui que va devoir faire le gouvernement Arizona pourrait coûter des vies. Selon une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet, les coupes dans l’aide au développement par les États-Unis et plusieurs pays européens pourraient entraîner jusqu’à 22 millions de décès évitables d’ici 2030 — dont plus de 5 millions d’enfants de moins de cinq ans. Des bébés, des enfants, des femmes et des hommes, qui mourront de maladies soignables, de famines évitables, d’épidémies qu’on savait contenir. La Belgique n’observe pas cette catastrophe de loin. Elle suit la même tendance.

Un effondrement sans précédent

En 2025, l’aide publique au développement de la Belgique a chuté de 21 % en une seule année l’une des pires évolutions de toute la classe européenne. Notre pays ne consacre plus que 0,37 % de son revenu national brut à la coopération au développement. Il faut remonter à 2001 pour retrouver un niveau aussi bas. Soit vingt-cinq ans de progrès effacés en douze mois.

Et ce n’est qu’un début : le gouvernement Arizona a annoncé une coupe de 25 % du budget de la Coopération belge durant la législature. Une coupe de 25 % du budget de la coopération non-gouvernementale est en outre prévue dès 2027. Pendant que l’Espagne, la Suède, le Danemark, la Norvège et le Luxembourg choisissent au contraire d’augmenter leur aide en 2025, la Belgique s’enfonce, elle, dans le repli sur soi.

« Un budget, c'est un choix de société ». Stop aux coupes dans la coopération internationale
« Un budget, c’est un choix de société ». Stop aux coupes dans la coopération internationale
© Ann-Do Rakotonirina-Hess

Un choix de société, pas une fatalité budgétaire

Faut-il financer un monde du chacun pour soi et de la loi du plus fort, ou un monde basé sur la coopération et la solidarité internationale ? La question n’a rien d’abstrait : chaque euro retiré à la coopération internationale a un prix humain, mesurable, documenté.

Mais l’aide au développement n’est pas qu’un acte de solidarité : c’est aussi un investissement dans notre propre sécurité et prospérité. En réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans les pays du Sud, elle limite les canicules qui frappent déjà la Belgique. En freinant la propagation des épidémies ailleurs dans le monde — la résurgence actuelle d’Ebola en RDC en est un rappel brutal — elle protège notre santé à tous. En prévenant les conflits armés, elle stabilise les prix de l’énergie dont dépend chaque foyer belge.

Dans un monde aussi interconnecté que le nôtre, seule la solidarité internationale peut répondre à des problèmes qui, par nature, ignorent les frontières.

« Un budget, c'est un choix de société ». Stop aux coupes dans la coopération internationale
« Un budget, c’est un choix de société ». Stop aux coupes dans la coopération internationale
© Ann-Do Rakotonirina-Hess

L’appel du CNCD-11.11.11

Selon Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie , secrétaire général du CNCD-11.11.11, « pour toutes ces raisons, nous demandons au gouvernement Arizona de renoncer aux coupes budgétaires annoncées de 25 % dans la Coopération belge au développement — et surtout de refinancer la Coopération à hauteur de nos engagements internationaux, c’est-à-dire en mobilisant 0,7 % de notre revenu national brut pour l’aide au développement. Chaque budget est un choix de société. Nous demandons au gouvernement de choisir l’humain et d’honorer nos valeurs de solidarité.  »