Climat : Une victoire de plus pour le désinvestissement fossile
© Coalition climat

BNP Paribas et la KB s’engagent

Climat : Une victoire de plus pour le désinvestissement fossile

C’est un engagement historique. Mercredi 11 octobre 2017, BNP Paribas annonçait dans un communiqué [1] cesser toute relation avec les acteurs dont l’activité principale est l’exploration, la production, la distribution, le marketing ou le trading de gaz et de pétrole de schiste et/ou de pétrole issu des sables bitumineux. La Coalition Climat, association réunissant 70 organisations belges dont le CNCD-11.11.11, se félicite de cette décision qui résonne comme une victoire dans sa campagne pour le désinvestissement [ Lire le communiqué ].

Une campagne très fructueuse

En avril 2017, la Coalition Climat lançait sa campagne pour le désinvestissement fossile [2] adressant aux dirigeants des 4 grandes banques présentes en Belgique (BNP, KBC, ING et Belfius) la demande claire de se désengager du financement des projets visant l’exploration et l’extraction des énergies fossiles. Cette annonce de BNP Paribas est la troisième victoire dans le cadre de cette campagne, après la décision de BNP plus tôt cette année de ne plus financer de nouvelles centrales à charbon et l’annonce de KBC en septembre d’exclure le gaz de schiste et les sables bitumineux. Désormais, il appartient à ING de retirer son argent du gaz de schiste et des sables bitumineux.

Le mouvement pour le désinvestissement continue de gagner du terrain

Cette annonce de BNP Paribas est arrivée le même jour où Donald Trump s’apprêtait à abroger le plan de Barack Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le « Clean Power Act » [3]. Cette mesure doit permettre à Donald Trump de réaliser sa promesse de campagne de créer des emplois dans le secteur du charbon et d’assurer l’indépendance énergétique des Etats-Unis. Une position qui dénote complètement de la prise de conscience internationale du besoin de réorienter les fonds investis dans les énergies fossiles vers les secteurs des énergies renouvelables. Le 4 octobre, jour de la fête de Saint François d’Assise, la conférence des évêques belges et le Global Catholic Climate Movement déclaraient ainsi vouloir retirer leur argent des investissements dans les combustibles fossiles. A l’instar de l’annonce de BNP Paribas, cet engagement est remarquable : jamais une coalition mondiale réunissant autant d’organisations catholiques – 40 au total- n’avait fait une telle annonce pour désinvestir des énergies fossiles. En Belgique, 11 organisations catholiques et Oikocrédit Belgique, un des plus grands acteurs au monde de la microfinance, ont suivi l’engagement des évêques.

L’avenir est aux renouvelables

En décembre 2016, le montant des fonds désinvestis des fossiles s’élevait à 5200 milliards de dollars et concernait plus de 700 entreprises partout dans le monde. Preuve de la force du mouvement, ce montant a doublé en un an. Pour le Secrétaire général des Nations Unies sortant Ban Ki Moon : « il est clair que la transition vers les énergies renouvelables est inévitable, bénéfique et que les investisseurs ont un rôle clef à jouer » [4]. Une vision visiblement partagée par les dirigeants de BNP Paribas, comme en témoigne le directeur de BNP Paribas Jean-Laurent Bonnafé dans une tribune [5] qui ne sous-estime pas l’ampleur de la révolution qui est en marche : « Nous savons que notre civilisation ne progressera qu’en réformant rapidement et vigoureusement son modèle énergétique. Ce n’est pas le premier défi de transformation auquel des entreprises comme les nôtres doivent apporter leur pierre, mais c’est sans doute l’un des plus complexes. » L’histoire est en marche, petit à petit, et chaque victoire doit être célébrée.

ACTUALISATION 09/11/2017 : Ce jeudi 9 novembre, la Coalition Climat compte une victoire de plus dans la grande bataille pour le désinvestissement. Après une première annonce en septembre (concernant l’arrêt du soutien aux gaz de schiste et sables bitumineux), la banque KBC vient de faire un pas supplémentaire vers plus de durabilité : le secteur des énergies fossiles dans son ensemble ne sera plus soutenu par le fonds d’investissement socialement responsable. Deux ans après la conclusion de l’Accord de Paris et à l’heure où la transition énergétique se confirme, cette mesure était devenue un incontournable. Si KBC est encore loin d’un désinvestissement complet auquel s’est engagé BNP Paribas, c’est néanmoins un pas dans la bonne direction, dont se félicite la Coalition Climat [ Lire le communiqué ].

[1BNP Paribas, 11 octobre 2017, « BNP Paribas accélère en faveur de la transition énergétique et prend de nouvelles mesures » : https://group.bnpparibas/communique-de-presse/bnp-paribas-accelere-faveur-transition-energetique-prend-nouvelles-mesures

[2La campagne pour le désinvestissement fossile de la Coalition Climat : www.banqueroute.be

[3Le Clean Power Act est un plan visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de la production d’électricité.

[4The Guardian, 12 décembre 2016 : “Fossil Fuel divestment funds double to 5tn in a year” : https://www.theguardian.com/environment/2016/dec/12/fossil-fuel-divestment-funds-double-5tn-in-a-year

[5Bonnafé Jean-Laurent, 11 octobre 2017 : « Financer l’économie au XXIe siècle, c’est être un accélérateur de la transition énergétique » : https://www.linkedin.com/pulse/financer-l%C3%A9conomie-au-xxi%C3%A8me-si%C3%A8cle-cest-%C3%AAtre-un-de-la-bonnaf%C3%A9/