Colombie : le droit à la terre condition d'une paix durable
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Colombie : le droit à la terre condition d’une paix durable

« Je suis un paysan de la région de Cordoba. […] Je suis arrivé avec ma femme Elisabeth Hernandez et mes deux fils, Leonardo Henrique Gomez et Eder Gomez, pour travailler. J’ai consacré ma jeunesse à construire une ferme... Quand je l’’ai enfin ouverte, après tant d’efforts, sans compter sur aucune aide de l’État, un groupe paramilitaire a débarqué et nous a dépossédés de nos terres, balayant en quelques instants toute la peine endurée pour les conquérir. Toute ma vie j’ai travaillé et je me suis battu. Grâce à Dieu, j’ai mon honneur intact parce que je n’ai ni volé, ni fait de mal à personne.

Nous, paysans colombiens, espérons que vous divulguiez ce qui nous arrive chez vous, en Europe, et que vous nous apportiez votre soutien. Nous avons l’espoir, d’abord en Dieu et puis en vous, pour que vous fassiez connaître la souffrance qui est la nôtre, ici, à Uraba ». [1]

https://vimeo.com/214978647

Peu de changement avec l’’accord de paix

Six millions de déplacés, soit 13% de la population : tristes chiffres d’un conflit qui dure depuis plus de 50 ans et qui fait de la Colombie l’un des pays au monde avec le plus fort taux de déplacement forcé. Quelques 8 millions d’hectares ont été spoliés illégalement (14% du territoire), le plus souvent au bénéfice d’entreprises ou de grands propriétaires terriens.

L’accord de paix conclu en décembre 2016 entre le gouvernement et la guérilla marxiste n’a que peu fait évoluer les choses : les communautés continuent à être menacées et ont beaucoup de difficultés à récupérer leurs terres malgré les décisions juridiques.

L’action de Solidarité Socialiste avec l’Opération 11.11.11

En finançant des ONG membres actives dans le pays, l’Opération 11.11.11 permet d’apporter des solutions. Un exemple à travers le cas de Solidarité Socialiste.

Solidarité Socialiste y soutient l’IPC (Institut Populaire de Formation), qui, à son tour, appuie des organisations locales. Le travail de l’IPC s’articule surtout autour de l’accompagnement des victimes du conflit, notamment dans le cadre du processus de réclamation de leurs terres. A titre d’exemple, dans la région d’Uraba, l’une des plus touchées par le phénomène de l’accaparement de terres, l’IPC a mis en place, en collaboration avec l’organisation locale « Terre et Paix », une formation à laquelle participent en moyenne chaque année 60 leaders des différentes communautés et organisations de victimes. Cette méthodologie a permis de former 500 leaders qui connaissent et utilisent les voies juridiques et administratives pour réclamer la restitution de leurs terres.

Au niveau politique (tant régional que national), l’IPC appuie des réseaux tels que REDEPAZ (Réseau National d’Initiatives Citoyennes pour la paix et contre la Guerre), qui interpelle les pouvoirs publics, notamment en ce qui concerne la restitution des terres. En 2016, REDEPAZ a élaboré 5 propositions pour les présenter à la table de négociations entre les FARC et le gouvernement en incluant entre autre la question de la sécurité des réclamants de terres qui reviennent sur leurs territoires.

[1Propos de Laureano Gomez, paysan et Vice-Président de l’association Terre et Paix, recueillis à l’occasion de la mission d’information parlementaire en Colombie co-organisée avec la Coordination belge pour la Colombie (CBC) en novembre 2016.

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Avec l'Opération
11.11.11

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