Communes hospitalières : le mouvement prend de l'ampleur
Interpellation à Liège, 02/10/2017

Communes hospitalières : le mouvement prend de l’ampleur

A travers le mouvement des « Communes hospitalières », lancée en septembre 2017 par le CNCD-11.11.11, des collectifs de citoyen.ne.s se mobilisent pour que leur commune s’engage concrètement à améliorer l’accueil et le séjour des personnes migrantes. Onze communes ont déjà voté une motion faisant d’elles des communes hospitalières.

Inspirées des « communes hors TTIP et hors CETA » qui ont largement mobilisé, la campagne « Rendons notre commune hospitalière » constituent une manière de s’investir à un échelon proche des citoyens. L’idée de proposer aux communes de s’engager sur la voie de l’hospitalité a germé au sein de la coalition pour la Justice Migratoire qui rassemble de nombreuses organisations francophones coordonnée par le CNCD-11.11.11 et le CIRE.

En effet, depuis 2006 à Bruxelles, et 2012 en Région Wallonne, des procédures permettent aux habitants d’interpeller leur conseil communal, qui a obligation de répondre. Interpeller sa commune pour qu’elle se déclare hospitalière constitue un moyen simple de faire la différence à son niveau.

Le contexte actuel n’appelle pas à l’optimisme. L’Europe n’a jamais été une destination aussi dangereuse pour les migrants. Dans un rapport publié fin novembre, l’Organisation internationale des migrations (OIM) chiffrait à 33.000 le nombre de personnes décédées en essayant de traverser la Méditerranée depuis 2000, ce qui en fait « la frontière la plus meurtrière au monde » .

Face aux naufrages, dans le contexte d’une opinion publique hostile aux migrants, la seule solution proposée semble de repousser toujours plus loin les migrants de nos côtes, même au prix d’une collaboration inhumaine avec la Libye.

Pourtant, la solidarité dont de nombreux citoyens ont fait preuve en 2015 avec le mouvement Refugees Welcome ne s’est pas éteinte. L’accueil organisé par la plateforme de solidarité avec les migrants du parc Maximilien en est la plus belle illustration. De nombreux citoyens en ont assez de voir des mesures de plus en plus hostiles vis-à-vis des migrants devenir la norme. La la campagne « Rendons notre commune hospitalière » leur a donné des outils pour agir au niveau local.

Interpellation à la ville de Bruxelles le 09/10/17
Interpellation à la ville de Bruxelles le 09/10/17

Des collectifs citoyens dans plus d’une commune sur cinq

Depuis quatre mois, 74 groupes de citoyen.ne.s se sont constitués. Des réunions dans des centres culturels, avec les associations locales, parfois dans les cafés ont débouché sur l’écriture des textes d’interpellations. Fondée sur un cahier commun de revendications, les interpellations se sont aussi adaptées aux urgences locales, en évoquant la question du parc Maximilien à Bruxelles-Ville, l’occupation des Afghans à Forest ou l’occupation de la Voix des sans-papiers à Liège. Les interpellations ont aussi tenu compte des réalités locales, des engagements déjà positifs des communes, comme la gratuité des actes administratifs à Saint-Josse ne faisant aucune différence entre Belges et étrangers.

Parfois, de nouveaux enjeux ont émergé. Par exemple, à Bruxelles-Ville, la campagne a relayé la demande de la plateforme que les CPAS puissent soutenir les personnes offrant un hébergement (pour les colis alimentaires et les titres de transport).

Ces 74 groupes de citoyen.ne.s sont actifs dans 281 communes en Fédération Wallonie-Bruxelles. De nouvelles réunions sont d’ailleurs prévues pour former de nouveaux groupes.

Les interpellations ont débouché sur des groupes de travail où citoyen.ne.s et associations se sont réunis avec le collège échevinal pour préparer des motions.

A ce jour, onze communes wallonnes ont adopté une motion (Liège, Wavre, Anderlues, Marchin, Mons, Sainte-Ode, Tintigny, Chièvres, Vielsalm, Ecaussines). D’autres se préparent à le faire. Gageons que le mouvement prendra de l’ampleur tout au long de l’année 2018, qui sera marquée par les élections communales.

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