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Contre la criminalisation du mouvement pour la justice en Palestine !

15 mai 2016

Lors d’un discours prononcé le 12 avril dernier, Serge Rozen, président de la coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), a demandé au Premier Ministre et aux autres membres du gouvernement présents que soient prises des mesures législatives pour interdire le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions). Cette tendance à interdire et à criminaliser le mouvement BDS est mondiale. Elle vise à museler toute critique de la politique israélienne et à porter atteinte à la liberté d’expression des citoyens.

En France, l’arrêt de la cour de Cassation du 20 octobre 2015 a confirmé la condamnation de militants ayant appelé au boycott des produits israéliens. Et plus récemment, lors de la marche pour les droits des femmes le 8 mars, une militante a été arrêtée pour port d’un T-shirt « Boycott Israel Apartheid – Justice in Palestine ». La France est aujourd’hui le seul pays dans lequel des citoyens risquent une peine de prison pour avoir boycotté. Même Israël ne va pas jusque-là !

Mais la France n’est pas la seule à mettre la pression aux militants du mouvement pour la justice en Palestine. En Angleterre, une nouvelle loi rendra bientôt le boycott des produits des colonies illégal. Aux Etats-Unis, cinq Etats (Floride, Tennessee, New York, Indiana, Pennsylvanie) ont voté des lois ou des résolutions interdisant le boycott, rendant les entreprises qui excluraient les produits des colonies passibles de sanctions. Et des législations similaires sont déjà à l’examen dans 35 autres Etats américains.

Pour rappel, les produits des colonies sont des produits illégaux. Selon le droit international, l’obligation des Etats signataires de la IVe Convention de Genève de 1949 est d’en interdire l’exportation afin de ne pas encourager la pratique illégale de colonisation que mène l’Etat d’Israël (cfr. Campagne Made in Illegality). Au-delà du droit de liberté d’expression de chacune et chacun et donc du droit de s’opposer à la politique d’un Etat par le boycott, c’est donc ici le simple respect du droit international qui se retrouve mis en danger.

Ce que révèle ce nouvel acharnement contre ceux qui défendent les droits du peuple palestinien, c’est avant tout le fait qu’Israël se sent de plus en plus isolé. Ses choix politiques étant de plus en plus critiqués, l’Etat israélien a adopté une stratégie offensive, allouant des sommes énormes à la propagande anti-BDS. En 2015, le gouvernement Netanyahou a mis en place une force spéciale pour lutter contre les sanctions anti-israéliennes et l’a dotée de 25,5 millions de dollars. Le gouvernement israélien a également organisé le 28 mars dernier une conférence anti-BDS au cours de laquelle Ysrael Katz, ministre du Renseignement, a proposé sans aucune gêne de procéder à des « éliminations civiles ciblées » des leaders du mouvement BDS avec l’aide du Mossad. Outre le gouvernement israélien, ce sont également des défenseurs d’Israël qui financent la propagande, comme les américains Sheldon Adelson et Haim Saban qui ont donné 10 millions de dollars pour organiser la lutte contre le mouvement BDS sur les campus aux Etats-Unis.

Mais cette criminalisation grandissante du mouvement BDS et des autres initiatives pour la justice en Palestine montre aussi que ces actions fonctionnent. Il est donc important pour les organisations, qu’elles participent au mouvement BDS ou non (comme c’est le cas du CNCD-11.11.11), de continuer à défendre le droit à la liberté d’expression et le droit international pour contraindre Israël à mettre fin à l’occupation et la colonisation illégale de la Palestine.

C’est pourquoi le CNCD-11.11-11 et la campagne Made in Illegality se joignent aujourd’hui à deux initiatives à la pétition portée par ECCP, la coordination des comités et associations pour la Palestine.

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