Opération 11.11.11

Contre la violence et la pauvreté, une aide précieuse aux femmes de Bolivie

 Sonia, El Alto
Sonia, El Alto
© WSM

Huit femmes boliviennes sur dix sont confrontées aux violences conjugales dans leur vie. Les violences sont également fréquentes sur le lieu de travail. Les Boliviennes apprennent très tôt qu’elles sont dépendantes des hommes. On répète invariablement aux garçons qu’ils sont « responsables » et qu’ils doivent « protéger » et « contrôler » les femmes.

Une organisation soutenue par l’Opération 11.11.11, à travers l’ONG WSM, œuvre à changer ces mentalités, et surtout à permettre aux femmes de s’émanciper grâce à de meilleurs revenus. Elle se nomme Gregoria Apaza – du nom d’une célèbre révolutionnaire qui lutta contre la colonisation espagnole [1].

Vue sur La Paz depuis El Alto
Vue sur La Paz depuis El Alto
© WSM

Basé à El Alto, Gregoria Apaza veut rendre les femmes économiquement indépendantes. Cette aide est bien nécessaire dans cette banlieue pauvre de la capitale La Paz, qui s’est transformée au cours des dernières décennies en une métropole de plusieurs millions d’habitants. La population se compose principalement de ruraux qui cherchent une existence plus sûre en ville. A El Alto, il n’est pas facile d’échapper à la pauvreté. La plupart des gens gagnent leur vie en faisant du commerce de rue ou en fournissant des services. Ils vendent des produits artisanaux, tiennent un stand de nourriture ou travaillent comme employés de maison à La Paz, qui est située un peu plus bas. La pauvreté fait d’El Alto une ville peu sûre, où règnent les gangs de la drogue et le crime organisé.

Dans ce contexte précaire et dangereux, Gregoria Apaza offre une source d’espoir. Chaque année, mille femmes suivent des cours dans le centre de formation de l’association. On y dispense des cours d’entrepreneuriat social et durable, de cuisine, de boulangerie, de tissage et de couture, ainsi que d’autodéfense, d’aide psychologique et de conseils juridiques pour les victimes de violence. Pendant toutes les sessions de formation, une grande attention est accordée aux droits humains, aux représentations de genre et à l’égalité.

Récemment, Gregoria Apaza a lancé un incubateur pour entreprises sociales et solidaires. Les candidates y suivent un cursus de cours de neuf mois sur l’entrepreneuriat, la gestion et les compétences personnelles, avec par exemple des modules de comptabilité, de marketing et de droit du travail. Après ce cursus, les nouvelles entrepreneuses peuvent compter sur une injection financière pour lancer leur entreprise.

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« Créer ma propre entreprise a toujours été mon rêve. Gregoria Apaza m’a donne l’impulsion dont j’avais besoin. »

« Gregoria Apaza m’a donné l’impulsion dont j’avais besoin », affirme Mercedes (37 ans), qui a créé une collection de ligne de vêtements grâce à l’association. «  Je me suis affiliée après mon divorce. Créer ma propre entreprise a toujours été mon rêve. J’ai suivi leur formation en entrepreneuriat social. Maria Isabel et Erica étaient dans ma classe. Aujourd’hui, nous sommes associées. Notre société s’appelle ’Tejidos y Sueños’ (Des tissus et des rêves). Avec un groupe de dix femmes, nous tricotons et tissons des écharpes, des pulls, des robes et des sacs. Nous les vendons sur le marché. Grâce à Gregoria Apaza, j’ai appris comment entreprendre, mais aussi beaucoup plus que cela. Aujourd’hui, je me sens plus forte, je connais mes droits et j’ai plus confiance en moi. »

« Gregoria Apaza m'a donné l'impulsion dont j'avais besoin », affirme Mercedes (37 ans), qui a créé une collection de ligne de vêtements grâce à l'association.
« Gregoria Apaza m’a donné l’impulsion dont j’avais besoin », affirme Mercedes (37 ans), qui a créé une collection de ligne de vêtements grâce à l’association.
© WSM

Sonia (39 ans) a elle aussi bénéficié de l’encadrement. « En juillet 2021, j’ai créé ma propre entreprise, Estrellas de la Pintura (Étoiles de la peinture) », explique-t-elle sur son lieu de travail, vêtue d’un jean et de chaussures de sécurité. Elle y est la seule femme au milieu de 50 travailleurs ! « Je suis heureuse et fière de moi, je ne pensais pas mener un jour ma propre entreprise... Je me taisais, je ne parlais pas beaucoup, on me criait dessus. Ma vie a beaucoup changé, même ma fille me dit qu’elle veut être comme moi. »

Les témoignages de Mercedes et de Sonia montrent le bénéfice très concret que peuvent retirer les femmes de pays pauvres du travail mené par des associations telles que Gregoria Apaza. L’Opération 11.11.11 soutient ce combat pour l’émancipation féminine, en Bolivie et dans d’autres pays du Sud.

Chaque année, grâce à vos dons, plus de 200 projets d’économie sociale et solidaire, d’agro-écologie ou de santé publique peuvent ainsi être financés.

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pour un monde juste et durable

[1Gregoría Apaza Nina est une révolutionnaire indigène aymara, qui dirigea en 1781, conjointement avec son frère Julián Apaza dit Túpac Katari l’une des plus grandes insurrections indiennes contre les autorités espagnoles dans le Haut-Pérou.