« Contre le dérèglement climatique, il faudra plus que des raclettes »
Communiqué de presse
À un mois de la COP 29, le CNCD-11.11.11, Greenpeace Belgique, Oxfam Belgique et Amnesty rappellent que pour lutter contre le dérèglement climatique “Il faudra plus que des raclettes”. Les organisations appellent les négociateurs fédéraux à contribuer suffisamment au financement climatique international.
Ce mercredi 9 octobre, des militants ont mené une action symbolique place Sainte-Catherine, les pieds dans l’eau et raclette à la main, pour dénoncer les moyens dérisoires alloués aux pays du Sud pour s’adapter et lutter contre le dérèglement climatique. Le compte à rebours est lancé pour les ministres compétents qui se retrouvent aujourd’hui à Bakou à l’occasion de la Pré-COP. Ces discussions préliminaires passent à la loupe l’enjeu brûlant du financement climatique international. En effet, la promesse historique des 100 milliards $/an de financement des pays du Nord vers ceux du Sud arrive à échéance en 2025. L’Accord de Paris Accord de Paris mandate les pays de négocier à la COP29, un nouvel objectif qui prennent en compte les besoins et priorités des pays du sud.
Les pays du Sud, surtout les plus vulnérables à la crise climatique, ne disposent que de moyens dérisoires pour financer le coût de la transition et la sortie des énergies fossiles, tout en garantissant leur développement. Une série d’études estiment qu’ils ont besoin d’au minimum 1.000 milliards $/an de fonds publics pour l’atténuation, l’adaptation ainsi que pour compenser les nombreuses victimes des multiples catastrophes climatiques.
« Celui qui pense que l’on garantira un monde sûr pour tous, sans y mettre les moyens ou en se concentrant uniquement sur l’Union européenne, n’a rien compris à la globalité de cette crise » souligne Nicolas Van Nuffel Nicolas Van Nuffel , directeur du plaidoyer au CNCD-11.11.11. « Les pays du Nord, dont la Belgique, se sont engagés et doivent contribuer à hauteur de leur juste part à ce nouvel objectif, en y allouant des fonds publics et en montrant l’exemple. C’est la condition sine qua none pour respecter l’Accord de Paris. Sans compter qu’ils possèdent une dette climatique de 5.000 milliards $/an pour s’être approprié la plus grosse part du budget carbone ».
Et cet argent public est déjà là, il est juste alloué au mauvais endroit. Pour le Covid, les pays du nord ont mobilisé 16.000 milliards de dollars en un an. Aujourd’hui, ils subsidient les énergies fossiles à hauteur de 270 milliards de dollars par an ; en Belgique, ce montant était de 15 milliards € en 2023. Le gouvernement offre également 4,4 milliards € par an à des entreprises polluantes pour compenser l’achat de crédit carbone via des quotas d’émission gratuits. Parmi les autres options alignées sur le principe du pollueur-payeur, on retrouve les possibilités de faire contribuer le secteur des énergies fossiles ou bien ceux qui voyagent en jet privé. Les moyens n’ont pas à être aussi dérisoires que des raclettes.

