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Contre le remboursement de la dette odieuse de l’Égypte

27 juin 2012

Communiqué de presse, 27 juin 2012 - Au lendemain des soulèvements populaires de 2011 qui ont chassé Hosni Moubarak du pouvoir, la dette publique externe de l’Égypte s’élevait à 35 milliards de dollars. Cette dette, qui a en réalité financé la dictature en Egypte, est largement « odieuse » selon les propres termes d’une résolution du Parlement européen adoptée le 10 mai 2012 [1].

Depuis le départ de H. Moubarak, les autorités publiques égyptiennes peinent à récupérer les fortunes colossales accumulées par le dictateur et ses proches, tant elles sont disséminées aux quatre coins de la planète et dissimulées dans le trou noir des paradis fiscaux. On peut légitimement douter que ces dettes aient effectivement été consacrées au bien-être des populations, lesquelles étaient d’ailleurs, faut-il le rappeler, empêchées de décider et de s’exprimer. Les créanciers connaissaient manifestement la nature anti-démocratique du régime de Moubarak. Pourtant, ils continuent encore aujourd’hui d’exiger le remboursement de la dette égyptienne.

C’est pourquoi le CADTM et le CNCD-11.11.11 soutiennent les manifestations prévues à Paris devant l’Assemblée nationale ce mercredi 27 juin à 17h00 (organisée par la Campagne populaire pour l’annulation de la dette de l’Egypte et l’association des jeunes égyptiens du 25 janvier [3]) et à Londres le 28 juin (organisée par Jubilee Debt Campaign [4]) contre le prochain remboursement de cette dette odieuse prévu à la fin du mois de juin.

Le CADTM et le CNCD-11.11.11 soutiennent logiquement les revendications de la Campagne Populaire pour l’annulation de la dette de l’Égypte [5], basée au Caire, qui exige une suspension immédiate du paiement de la dette le temps qu’un audit permette de déterminer la partie odieuse et illégitime, qui doit être annulée sans conditions.

Soulignons qu’une autre résolution, celle de l’Assemblée parlementaire paritaire UE-ACP du 18 mai 2011 [6] appelle explicitement à l’audit des dettes dues par les pays d’Afrique du Nord en transition démocratique, comme l’Égypte, et à la suspension du remboursement de la dette. Les créanciers de l’Égypte doivent appliquer ces textes et il y a urgence compte tenu de la situation économique et sociale en Égypte. En 2011, le service de la dette était encore supérieur à l’ensemble des dépenses de santé, d’éducation et de logement. Le remboursement de cette dette constitue donc bel et bien un fardeau considérable sur les épaules de la population, pourtant déjà épuisée par une transition démocratique difficile et la crise économique.

Enfin, notons que la Belgique est également créancière de l’Egypte à hauteur de 45 millions d’euros. La Belgique continue à exiger le remboursement de cette dette, ceci en contradiction avec le texte de l’accord de Gouvernement Di Rupo, qui précise que « Le Gouvernement réalisera l’audit des dettes et annulera en priorité les dettes contractées au détriment des populations. »

Qu’attend le gouvernement pour appliquer ses propres engagements ?

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