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De l’aide pour qui ?

10 novembre 2016

Quand on demande aux Belges de nommer les régions du monde qui bénéficient actuellement d’aide au développement, la réponse de plus citée est l’Afrique (45%), loin devant le Moyen Orient (9%) ou l’Amérique latine (8%). Cette intuition est juste.

En Belgique, le gouvernement a décidé de concentrer son aide sur le continent africain. Parmi les 14 pays partenaires de la Belgique, 13 d’entre eux sont situés en Afrique. 12 des pays partenaires de la Belgique sont considérés comme des « pays moins avancés » (PMA), c’est-à-dire les 49 pays les plus pauvres du monde selon l’ONU. Près de la moitié de l’aide belge gouvernementale est destinée aux PMA, contre plus des deux-tiers pour l’aide allouée par les ONG belges.

Le cliché d’une Afrique nécessiteuse à la vie dure. Le continent noir est-il condamné à la pauvreté, un demi-siècle après les indépendances ? La forte croissance économique enregistrée depuis le début du 21e siècle, après deux décennies de récession, vient nuancer ce stéréotype.

Toutefois, cette croissance reste fortement basée sur l’exploitation des ressources extractives, qui rend les pays dépendants de quelques matières premières dont les prix sont très fluctuants. De plus, elle ne bénéficie qu’à une élite, au détriment de la majorité des populations. Le bilan des Objectifs du millénaire pour le développement dans la région a été de fait très mitigé, comme le met en évidence l’étude du CNCD-11.11.11 sur les objectifs de développement durable.

Outre sa concentration en Afrique, la Coopération belge a alloué ces dernières années près de la moitié de l’aide gouvernementale en Afrique centrale : RDC, Burundi et Rwanda. D’après l’indice de développement humain des Nations unies, ces trois pays font partie des plus pauvres du monde. Le Rwanda se situe ainsi à la 163e place sur 188 pays, tandis que la RDC est à la 176e place et le Burundi à la 184e sur 188 .

Concentrer ainsi l’aide au développement dans les pays pauvres et les Etats fragiles est un choix courageux. Ce choix nécessite néanmoins d’adapter les pratiques au contexte risqué et instable de ces pays, en vue de contribuer à la reconstruction d’Etats de droit capables de garantir l’accès aux services sociaux de base à leurs populations.

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