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Communiqué de presse

De plus en plus de Palestiniens déplacés pendant que les discussions continuent ...

14 décembre 2011

Des ONG mettent en garde contre l’accélération de l’expansion des colonies et l’augmentation de la violence par les colons.

13 décembre 2011 – Les autorités israéliennes ont accéléré le rythme des démolitions illégales en Cisjordanie, y compris à Jérusalem Est, expropriant ainsi un nombre record de familles palestiniennes au cours de l’année écoulée, affirme aujourd’hui une coalition internationale de 20 ONG, alors que le Quartet pour le Proche-Orient [1] se réunit à Jérusalem dans une nouvelle tentative de relance des négociations de paix.

L’année 2011 a été marquée par une forte augmentation des démolitions, mais aussi par l’expansion accélérée des colonies israéliennes et une escalade des actes de violence de la part des colons, soulignent les ONG.

Ces organisations humanitaires et de défense des droits humains – dont Amnesty International, Human Rights Watch et Oxfam France – appellent le Quartet à rappeler aux parties en conflit leurs obligations en vertu du droit international. Le Quartet doit ainsi exiger du gouvernement israélien qu’il revienne sur sa politique de colonisation et gèle toutes les démolitions, qui sont autant de violations du droit international.

«  L’accélération de la colonisation et des destructions d’habitations plonge les Palestiniens dans un état d’extrême précarité, détruisant leurs moyens de subsistance et toute perspective de paix juste et durable. Entre les discussions du Quartet et la situation sur le terrain, le décalage se fait de plus en plus vif. Le Quartet doit impérativement changer son approche et montrer qu’il est en mesure de faire une vraie différence pour la vie des Palestiniens et des Israéliens », affirme Nicolas Vercken, responsable de plaidoyer à Oxfam France.

Parmi les faits démontrant que la situation se détériore rapidement sur le terrain, on recense notamment :

  • Le doublement du nombre de personnes déplacées en raison des démolitions : depuis le début de l’année, plus de 500 habitations palestiniennes, puits, citernes d’eau et autres infrastructures de base ont été détruites en Cisjordanie, y compris à Jérusalem Est, déplaçant ainsi plus de 1 000 Palestiniens selon les chiffres des Nations unies. Cela représente plus du double du nombre de personnes déplacées au cours de la même période en 2010 – soit le chiffre le plus élevé depuis 2005. Plus de la moitié des déplacés sont des enfants, pour qui la perte de logement est particulièrement dévastatrice.
  • L’accélération de l’expansion des colonies : au cours des 12 derniers mois, des plans concernant près de 4 000 nouveaux logements pour des colons à Jérusalem Est ont été approuvés – le nombre le plus important depuis 2006 d’après l’organisation Peace Now. De plus, Israël a annoncé en novembre son projet d’accélérer la construction de 2 000 nouveaux logements en Cisjordanie, dont Jérusalem Est.
  • Une forte augmentation des actes de violence perpétrés par les colons : en 2011, les actes de violence commis par des colons à l’encontre de Palestiniens ont augmenté de plus de 50% par rapport à 2010, et de plus de 160% par rapport à 2009 selon les Nations unies. L’année 2011 a été de loin celle qui a connu le plus d’actes de violence de la part des colons depuis 2005. Les colons ont aussi détruit environ 10 000 plants d’oliviers et autres arbres palestiniens au cours de l’année, affectant ainsi les moyens de subsistance de centaines de familles. Les auteurs de ces crimes jouissent en pratique d’une quasi-totale impunité, 90% des plaintes déposées pour violence commise par des colons ayant été classées sans suite par la police israélienne entre 2005 et 2010.
  • La menace imminente d’un déplacement forcé de Bédouins : si les autorités israéliennes appliquent leurs plans annoncés pour 2012, jusqu’à 2 300 Bédouins vivant dans la périphérie de Jérusalem pourraient être illégalement réinstallés de force, ce qui détruirait leurs moyens de subsistance et menacerait leur mode de vie traditionnel. Les communautés rurales de la Vallée du Jourdain sont également ciblées par des projets de démolitions alors que la colonisation continue de progresser.

« Le Quartet devrait désigner l’expansion des colonies et les démolitions de logements actuelles comme ce qu’elles sont vraiment : des violations du droit humanitaire international qu’Israël devrait cesser », déclare Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient à Human Rights Watch.

« L’augmentation des violations de la part d’Israël montre l’échec fondamental de l’approche du Quartet. Il est temps que le Quartet comprenne qu’il ne pourra contribuer à une solution juste et durable au conflit sans assurer d’abord le respect du droit international », conclut Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

Contact presse

Aldine Furio
aldine.furio_at_crisisaction.org
+33 668 121 153

Organisations signataires

Amnesty International, Avaaz, Broederlijk Delen, CCFD-Terre Solidaire, Church of Sweden, CNCD – 11.11.11, Christian Aid, Danchurchaid, Diakonia, Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), FinnChurchAid, GVC-Italia, Human Rights Watch, Medical Aid For Palestinians, medico international, Norwegian People’s Aid, Oxfam France, Polish Humanitarian Action, Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme, Trocaire

[1Le Quartet pour le Moyen-Orient, aussi appelé Quartet diplomatique ou plus simplement Quartet, est un groupe formé de quatre États et d’organisations nationales et internationales décidé à réaliser une médiation dans le processus de paix israélo-palestinien. Le Quartet est composé des États-Unis d’Amérique, de la Russie, de l’Union européenne et des Nations unies. Le groupe fut nommé en 2002, en réponse à l’escalade du conflit au Moyen-Orient. Tony Blair est l’envoyé spécial actuel du Quartet.
Source : Wikipedia.

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