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Opération 11.11.11

Des solutions concrètes pour les réfugiés maliens au Burkina

31 octobre 2017

Les conflits armés qui ont éclaté il y a cinq ans au Mali ont poussé quelque 33.000 Maliens à fuir d’urgence vers le Burkina Faso voisin. Parmi ces réfugiés, de nombreux éleveurs avec leur bétail qui tentent aujourd’hui de survivre dans des camps de réfugiés au nord du Burkina Faso. Vétérinaires Sans Frontières, une ONG soutenue par l’Opération 11.11.11, les aide en améliorant leurs techniques d’élevage ainsi que la production et la consommation de lait.

On l’oublie souvent, mais la plupart des réfugiés sont accueillis dans les pays en développement. Les violences au Nord-Mali entre des milices islamistes et les forces gouvernementales ont ainsi poussé vers le Burkina Faso voisin plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Camps de réfugiés maliens au Burkina Faso  (Crédit : © VSF )

Les conditions alimentaires dans la région sont difficiles. À cause du manque d’eau et d’herbe pendant la saison sèche, dans une région semi-désertique, les vaches produisent moins de lait. Pourtant, le lait est un élément essentiel de l’alimentation au Sahel et il est aussi indispensable pour la santé des enfants.
Pour lutter contre la malnutrition chez les jeunes enfants, Vétérinaires Sans Frontières (VSF) encourage la consommation de lait local via des ‘cantines de lait’ dans les camps de réfugiés de Goudebou et Mentao, au nord du Burkina Faso. Trois fois par semaine, les enfants entre 6 et 59 mois y reçoivent une portion de 300 ml de lait.

Le projet soutient non seulement les enfants réfugiés mais aussi les éleveurs, qui vendent leur lait aux laiteries

Ce lait est acheté auprès des mini-laiteries locales et le transport vers les camps est assuré par VSF. De cette manière, le projet soutient non seulement les enfants réfugiés mais aussi les éleveurs (locaux et réfugiés), qui vendent leur lait aux laiteries. Les femmes de la région qui sont responsables de ces laiteries en bénéficient également et l’augmentation de leurs revenus a des effets directs sur la santé et l’alimentation de leurs enfants.

  (Crédit : © Wouter Elsen )

Pour améliorer la production de lait des vaches, Vétérinaires Sans Frontières mise sur les soins de santé animale et sur un meilleur fourrage.

Il reste cependant de nombreux obstacles à surmonter, comme le manque d’infrastructures adaptées. Les camions frigorifiques et les frigos ne sont pas disponibles partout, et là où on en trouve, ce sont les coupures de courant qui posent souvent problème. Heureusement, l’énergie solaire fait tout doucement son apparition au Burkina Faso. Les mini-laiteries soutenues par Vétérinaires Sans Frontières sont équipées de panneaux solaires qui fournissent l’énergie nécessaire.

Les mini-laiteries soutenues par Vétérinaires Sans Frontières sont équipées de panneaux solaires qui fournissent l’énergie nécessaire.
  (Crédit : © Wouter Elsen )

Par ailleurs, VSF sert d’intermédiaire entre les représentants des réfugiés et les villageois burkinabés pour s’entendre sur l’utilisation des pâturages et des points d’eau. Cela permet de répartir la pression exercée sur les ressources naturelles limitées du Sahel, et d’éviter ainsi des conflits entre les réfugiés et les éleveurs locaux.

Capital de départ

Même si le Mali a entretemps conclu un accord de paix, la situation sécuritaire reste extrêmement instable et il est impossible pour de nombreux réfugiés de rentrer chez eux. « Il est essentiel d’assurer une meilleure autonomie aux réfugiés, pour qu’ils puissent reprendre leur vie en main de façon totalement indépendante », commente Salifou Ibra, chef de projet.

C’est pourquoi Vétérinaires Sans Frontières les aide à lancer des micro-entreprises, par groupes de 5 à 12 personnes qui exercent une même activité, en fonction de leurs talents communs ou de leur expérience en matière de production de lait ou de techniques d’élevage.

VSF organise des formations et facilite l’accès au crédit pour que les réfugiés puissent disposer d’un capital de départ pour leur micro-entreprise. Certains éleveurs l’utilisent pour lancer un petit commerce de fourrage, tandis que d’autres achètent des moutons pour les élever, les engraisser et les revendre ensuite à un meilleur prix.

  (Crédit : © Wouter Elsen )

Ces activités rapportent des revenus et permettent aux réfugiés d’acquérir de nouvelles expériences et connaissances. Autant de compétences enrichissantes qui leur serviront aussi à leur retour au Mali.

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