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Désinvestissement des banques dans les énergies fossiles : la campagne porte ses fruits

Véronique Rigot Véronique Rigot
16 mai 2017

La campagne de la Coalition Climat commence à porter ses fruits !

Le 19 avril dernier, la Coalition Climat, un regroupement d’une soixantaine d’organisations qui, ensemble, souhaitent mobiliser pour le climat et dont le CNCD-11.11.11 est membre, lançait sa campagne nationale pour le désinvestissement. Sur base d’une étude réalisée par la Coalition Climat et FAIRFIN, les citoyens sont encouragés à signer une pétition par laquelle ils demandent à leur banque (BNP Paribas Fortis, ING, KBC ou Belfius) de cesser d’investir dans les secteurs des énergies fossiles pour les allouer aux secteurs porteurs de la transition énergétique.

Faire connaître la campagne

Depuis le lancement, il y a un peu moins d’un mois, de nombreuses actions ont été organisées, dont une action samedi 6 mai après-midi au Mont des Arts à Bruxelles (voir vidéo ci-dessous) . Une “bulle carbone” risquait d’y éclater ! Un grand ballon noir représentant la “bulle carbone” a en effet été gonflé au fur et à mesure que les passants indiquaient qu’ils étaient clients d’une des quatre banques (BNP Paribas, ING, KBC ou Belfius). Celles-ci investissent encore toujours plus de 40 milliards d’euros dans les énergies fossiles.

Mettez votre banque sur la bonne route !

Climate Coalition Belgium
https://youtu.be/iCjW3KoJruE

Les explications données aux passants quant à cette bulle carbone ont permis de sensibiliser des centaines de citoyens qui ont été invités à se joindre aux demandes de la Coalition Climat en envoyant une lettre aux banques sur www.banqueroute.be. Cette action visait à faire connaître la campagne et s’inscrivait dans le cadre de la Semaine mondiale du Désinvestissement, organisée dans 39 pays aux quatre coins du monde par l’organisation climatique internationale 350.org.

Une campagne relayée par les jeunes universitaires

Désireux de contribuer à changer les choses, de nombreux étudiants s’investissent dans le mouvement et soutiennent la campagne de la Coalition Climat pour le désinvestissement. Ainsi, cette semaine, les groupes d’étudiants actifs des différentes universités belges ont publié une carte blanche, relayée par deux grands médias belges. Par cette carte blanche, ils ont adressé un message commun aux recteurs des 6 grandes universités (Louvain, Leuven, Gand, Liège, ULB et VUB), leur demandant de se joindre au mouvement pour réclamer des banques qu’elles proposent des fonds d’investissement durables dans lesquels il n’y a aucun lien avec les énergies fossiles. Les universités de Gand, Leuven et Liège ont déjà pris des engagements de principe en ce sens.

En tant qu’étudiant(e)s et citoyen(ne)s, voici la demande qu’ils adressent à leurs universités : « Faisons front face aux entreprises qui menacent notre futur. Exigeons que nos banques arrêtent d’investir notre argent dans les énergies fossiles. Tournons le dos aux énergies fossiles et créons un futur durable. Soyons un exemple pour la société. Changeons ce que nous ne pouvons pas accepter.  »

Une campagne qui commence à porter du fruit

Le premier objectif de la campagne était d’entamer un dialogue constructif avec les 4 grandes banques afin d’identifier les changements à opérer dans les politiques d’investissement des banques et les alternatives possibles pour la réorientation des fonds. C’est chose faite avec trois des quatre grandes banques. A ce stade, seule la banque Belfius n’a pas encore accepté de fixer un rendez-vous avec les représentants de la société civile, ce qui ne saurait tarder.
Par ailleurs, pure coïncidence ou non, la fédération belge du secteur financier a lancé, le 24 avril dernier, un site internet dédié à l’épargne et aux investissements durables.

Enfin, le second grand objectif de la campagne sera de relayer cette mobilisation citoyenne sur le plan politique. A ce stade, il semble que la majorité des partis politiques est restée étrangère à ce mouvement international en faveur du désinvestissement. Or, le rôle du politique est essentiel pour accompagner des changements de société de cette ampleur. En effet, pour espérer honorer les engagements pris dans l’Accord de Paris, il faudra se détourner des énergies fossiles et passer rapidement au 100% renouvelable dans des conditions de transition juste. Il en va des conditions de vie de milliards de personnes sur la planète.

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