« J’ai grandi avec un frère atteint de troubles de santé mentale, mais qui ne bénéficiait pas des traitements appropriés », confie Dierto Mputu. Sceptique devant les moyens utilisés pour soigner les crises d’épilepsie de son frère, il décide de devenir médecin. C’est ainsi qu’il pourra répondre le mieux aux besoins des personnes malades, pense-t-il. C’est donc dans son histoire personnelle que réside la principale raison pour laquelle, aujourd’hui, il lutte au quotidien pour l’accessibilité des soins de santé mentale.
Responsable, à 51 ans, des aspects santé pour le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (BDOM) au Kongo Central (RDC), partenaire de l’ONG belge Memisa, soutenue par l’Opération 11.11.11, il s’attache à faire du droit universel à la santé, une réalité. « En tant qu’acteur de santé publique, je veux garantir l’accès au soin, à la santé et au bien-être pour toutes et tous, afin que chacun et chacune puisse contribuer au développement et au bien-être de
sa communauté », précise-t-il.
L’objectif est ambitieux, particulièrement au regard de la réalité : alors que les troubles mentaux augmentent dans la province du Kongo-Central, la réponse médicale et sociétale n’est pas encore à la hauteur des besoins. "Les personnes malades - et bien souvent aussi leur famille - sont mises à l’écart de leur communauté », observe-t-il. Au lieu des division et de la stigmatisation, le Dr Dierto Mputu croit ardemment aux vertus de la mise en lien. A cet égard, une prise en charge adaptée passe par la complémentarité des pratiques, en favorisant la collaboration étroite entre le personnel soignant et les relais communautaires.